Le Monde. fr avec AFP et Reuters Un attentat a été perpétré jeudi 11 décembre vers 17 heures (heure locale) contre le centre culturel français de Kaboul, selon des témoins. L'explosion s'est produite dans l'auditorium de l'Institut français d'Afghanistan (IFA), en pleine représentation théâtrale, et a fait « des morts et des blessés », a indiqué au Monde la directrice de l'IFA, Laurence Levasseur, sans pouvoir toutefois donner plus de précisions. L'attentat a été commis par un kamikaze qui s'est fait exploser dans l'assistance, selon les médias afghans. L'IFA est l'institution la plus emblématique de la présence française à Kaboul. Mitoyen du lycée francophone Istiqlal, établissement qui a formé une partie de l'élite afghane, l'institut héberge des salles de classe dispensant des cours de français, un espace d'exposition et un auditorium, qui s'est imposé ces dernières années comme le centre de gravité de l'activité culturelle de la capitale. La nouvelle génération d'artistes afghans – musique, théâtre et arts de la scène – y avait trouvé un refuge particulièrement hospitalier. PREMIÈRE ATTAQUE CONTRE LES INTÉRÊTS FRANÇAIS EN AFGHANISTAN L'envoyé spécial du Monde a assisté, mercredi 10 décembre, sur place à la clôture de la semaine des droits humains, un rituel des activités de l'IFA. Jeudi après-midi, l'attentat a eu lieu lors de la représentation d'une pièce de théâtre intitulée Heart Beat. Cruelle ironie, la pièce, signée par la troupe Azdar, mettait en scène « les battements du coeur » après des attentats à Kaboul. Azdar, créée par Guilda Chahverdi, avec le soutien de l'association française Hasards d'hasards, de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), a déjà monté, à Kaboul, L'Histoire du tigre, de Dario Fo, Ubu roi, d'Alfred Jarry, Macbeth, de Shakespeare, et Le Petit Prince, d'Antoine de Saint-Exupéry. Depuis le départ des troupes françaises de la province de la Kapisa, en juillet 2012, c'est la première fois que des intérêts français sont visés en Afghanistan. Le processus de désengagement des troupes de l'OTAN – déployées en Afghanistan dans le cadre de la mission de combat post-2001 – est censé se conclure le 31 décembre. Un dispositif résiduel comprenant autour de 12 500 hommes – principalement américains, britanniques et allemands – sera maintenu à partir du 1er janvier mais avec une mission limitée à la formation et au soutien des forces afghanes. Plus tôt dans la journée, un kamikaze à pied s'était également fait exploser au passage d'un autobus de l'armée dans le quartier de Tangi Tarakhil, à Kaboul. Un responsable de la police locale a précisé que six soldats avaient été tués et qu'une dizaine d'autres avaient été blessés.