Une aide-soignante espagnole ayant travaillé dans un hôpital où deux missionnaires sont morts d'Ebola est porteuse du virus, a confirmé, lundi 6 octobre, le ministère de la santé de l'Espagne. C'est la première fois qu'une personne contracte la maladie hors d'Afrique. L ' aide - soignante travaillait à l ' hôpital Carlos III de Madrid, où sont morts le frère Manuel Garcia Viejo, un missionnaire catholique espagnol rapatrié deSierra Leone après avoir été infecté, et Miguel Pajares, autre missionnaire contaminé en même temps.AUTOUR DE L ' HÔPITAL CARLOS III DE MADRIDSelon la ministre de la santé, Ana Mato, l ' aide - soignante de 44 ans faisait partie de l ' équipe qui a soigné Manuel Garcia Viejo, mort à la fin de septembre. Elle s ' est rendue elle - même, dans la matinée, à l ' hôpital d ' Alcorcon, dans la banlieue de Madrid, avec une forte fièvre qui a augmenté tout au long de la journée. Depuis, dans un état stable, elle a été placée en quarantaine et transférée à l ' hôpital Carlos III dans la nuit.Partie en congés au lendemain de la mort, le 25 septembre, du frère Garcia Viejo, elle n ' a pas repris le travail depuis lors. Elle a commencé à se sentir mal le 30 septembre et a, selon le quotidienEl Mundocitant des sources au sein des autorités sanitaires, insisté à plusieurs reprises pour passer les tests de détection d ' Ebola, même si sa fièvre n ' était pas encore très importante. Jusqu ' ici, toutes les personnes touchées et hospitalisées en dehors de l ' Afrique de l ' Ouest, que ce soit en Europe ou aux Etats - Unis, avaient été infectées sur le sol africain. La fièvre hémorragique virale a fait 3 439 morts sur 7 478 cas enregistrés en Afrique de l ' Ouest, selon le dernier bilan de l ' Organisation mondiale de la santé(OMS).DES FAILLES DANS LES PROTOCOLES DE PROTECTION?Selon un responsable de la santé, une trentaine de professionnels du monde médical qui se sont occupés des missionnaires espagnols contaminés par la maladie sont suivis pour s ' assurer qu ' ils ne sont pas eux - mêmes atteints. MmeMato a précisé que le protocole prévu dans ces circonstances avait été immédiatement mis en place pour garantir la sécurité des citoyens, mais a tout de même précisé:
« Nous sommes en train de vérifier si tous les protocoles ont été strictement respectés[au moment de l ' infection].[…] Toutes les mesures pour garantir la sécurité du personnel hospitalier qui la soigne et de toute la population étaient prises.»
Une collègue de la malade a décrit au quotidien espagnolEl Paisles moyens de protection« extrêmes»,selon elle, employés par les soignants qui ont approché les deux missionnaires atteints de la maladie: deux combinaisons de protection, deux paires de gants et une paire de lunettes. Les syndicats des personnels soignants dénonçaient cependant, dès lundi soir, le«manque total de contrôle»de la situation à l ' hôpital Carlos III face à l ' urgence au moment l ' hospitalisation des deux malades, affirmant que les infirmiers assistaient à«une formation express»,insuffisante, selon eux, de quinze minutes avant de traiter les patients, rapportePúblico.