Décidément Daesh est du pain béni pour Washington.
Rien de surprenant lorsqu’on sait qui l’a enfanté et nourri; c’est effectivement la moindre des choses que de lui fournir l’occasion d’un retour en pompe et en faste au Moyen - Orient et d’y renforcer surtout militairement son repose pied à travers une guerre en trompe - l’œil sur le terrain. Barack Obama a beau dire qu’il est hors de question que les Etats - Unis engagent leurs forces terrestres en Irak et jurer ses grands dieux qu’aucun effectif militaire US n’est sur le terrain, Washington dispose déjà au moins 1600 militaires en Irak et il envisage envoyer 2100 GI’s au Koweït pour des missions à l’échelle régionale. Le Pentagone a fait état du projet du déploiement des marines au Koweït dans le cadre d’une unité spéciale de frappe du Commandement central pour assurer les missions logistiques. Ces effectifs seraient probablement dépêchés en février 2015 dans la région. Le Pentagone a omis d’évoquer le groupe terroriste d ' Etat islamique lorsqu’il a annoncé la décision d’envoyer des GI’s au Moyen - Orient; il s’est contenté de dire que le déploiement de ces militaire était planifié avant les raids aériens américains en Irak et en Syrie. Une rhétorique que les politiques emploient d’une autre manière; en l’occurrence le président républicain de la Chambre des représentant John Boehner demande l’extension des opérations militaires US contre Daesh sur le territoire syrien. Selon lui, il fallait plus que des raids aériens pour éliminer ce groupe et pourquoi pas le déploiement des forces terrestres. Quant à l’Irak, les Etats - Unis envisagent de construire trois bases militaires et d’y investir des GI’s sous prétexte d’opérations logistiques et de coordination dans la lutte contre Daesh. Ils vont donc installer une base dans l’aéroport d’Erbil, une autre à l’aéroport militaire de Harir et une troisième dans la région d’Atrush, qui sera exclusivement consacrés à l’atterrissage des hélicoptères Apache. Et au Koweït, selon l’annuaire d’Equilibre militaire 2013, quelque 2100 GI’s rejoindront en février leurs 23.000 collègues déjà déployés dans les unités terrestres, aériennes et maritimes au Koweït, où détient Washington quatre bases militaires. Ce tableau, quoique sommaire, montre comment les Etats - Unis projettent leur retour rampant au Moyen - Orient en y investissant de nouvelles bases et dépêchant des effectifs terrestres; ce qui met en doute la sincérité de la coalition internationale anti - Daesh sous la houlette de Washington d’autant plus que ses alliés régionaux - l’Arabie, le Qatar et la Jordanie – supplétifs d’une guerre en trompe - l’œil dans la région sont les sponsors de Daesh et d’autres avatars terroristes en Syrie.