Cette autre mesure du chômage, appelée «le halo», intègre les gens sans emploi qui ne recherchent pas activement un job du fait de la mauvaise conjoncture. Ils représentent désormais 4,3 % des actifs et inactifs souhaitant travailler.On le sait, il y a plusieurs définitions du chômage, et avec elles, plusieurs comptabilisations du nombre de chômeurs. D ' après le ministère du Travail, il y a ainsi(au 31 août) administrativement entre 3,68 et 5,38 millions de demandeurs d ' emploi en France, respectivement inscrits en catégorie A(sans activité) et en catégories A, B et C(inclus les activités réduites). D ' après l ' Insee, qui recense les chômeurs au sens du BIT, il y en a en réalité beaucoup moins: 2,78 millions en France métropolitaine, au deuxième trimestre 2014. Mais il existe une troisième version, appelée «le halo du chômage», elle aussi calculée par l ' Institut statistique. Il s ' agit de toutes les personnes qui souhaitent travailler et sont disponibles, mais ne sont pas considérées commedemandeurs d ' emploi au sens du BIT parce qu ' elles ne recherchent pas activement une activité. La plupart sont découragées et espèrent des jours meilleurs pour revenir sur le marché du travail. En 2013, ces «halo - chômeurs» représentaient pas moins de 1,3 million de personnes qui, ajoutées aux 2,8 millions recensées comme chômeurs au sens du BIT, portent à 4,1 millions le nombre d ' individus qui sont sans emploi et qui souhaitent travailler en France métropolitaine. Soit 4,3% de la population active ou inactive souhaitant travailler, contre 3,9% en 2008, le plus bas niveau jamais atteint. D ' après «une photographie du marché du travail en 2013», publiée ce mardi par l ' Insee, les jeunes sont les plus concernés par «le halo du chômage», avec 9,7% des 15-24 actifs ou inactifs souhaitant travailler, contre 3,6% pour les 25-49 ans et 3,9% pour les plus âgés. Les femmes sont aussi surreprésentées dans le «halo», avec 57,3% des personnes concernées alors qu ' elles ne représentant que la moitié des personnes actives.

Taux de chômage des femmes inférieur à celui des hommes

Plus généralement, cette étude de l ' Insee dresse «une photographie du marché du travail» hexagonal en temps réel qui remet pas mal de pendules à l ' heure. Notamment en matière de chômage. Le taux de chômage des femmes(9,7%) est désormais inférieur à celui des hommes(10%), ce dernier ayant fortement augmenté en deux ans. Le sexe dit fort est également plus touché que le sexe dit faible par le chômage de longue durée. Toutes les catégories socioprofessionnelles sont touchées: le taux de chômage des ouvriers atteint 14,6%, soit 5 points de plus qu ' en 2008. Celui des artisans, commerçants et agriculteurs a augmenté d ' un tiers en trois ans, pour représenter désormais 4,3% de la cohorte. Seul le taux de chômage des professions intermédiaires est resté stable en 2013(+ 0,1 point précisément), à 5,2%. En 2013, le marché du travail a ainsi augmenté de 110.000 actifs, essentiellement des femmes dont la progression est deux fois plus importante que celle des hommes depuis 2005. Autre instantané très instructif? Avec le recul de l ' âge légal de départ à la retraite intervenu en 2010 et l ' allongement de la durée de cotisation pour partir en retraite à taux plein, les plus âges participent davantage aujourd ' hui au marché du travail: + 5 points en quatre ans de leur taux d ' activité, pour atteindre désormais 61,7%.

80 % des temps partiels sont occupés par des femmes

Sur dix personnes en emploi, il y a désormais un non-salarié, deux ouvriers, trois employés et quatre personnes occupant une profession intermédiaire ou un emploi de cadre. Plus de trois personnes sur quatre travaillent dans le tertiaire, 13,5% dans l'Industrie, 6,6 % dans la construction et 3% dans l'agriculture. En huit ans, la part de l'Industrie a reculé de 2,7 points quand celle du tertiaire a progressé de 2,6. Près de 9 salariés sur dix bénéficient d'un CDI, contre 9,5% un CDD, 2,2% en intérim et 1,8% en apprentissage. Trois emplois en CDD sur cinq sont occupés par des femmes. 18,4% des salariés travaillent à temps partiel dont la moyenne des contrats sont de 23 heures par semaine, contre près de 41 heures pour les temps complets. Près de 80% des temps partiels sont occupés par des femmes.