Un troisième otage aurait été décapité, hier, par l ' Etat Islamique en Irak et au Levant. Le conditionnel et les guillemets utilisés ici reflètent toute la prudence exigée pour traiter ce sujet. Et il y a de quoi. Jusqu ' ici, la récente irruption sur la scène médiatique internationale des groupes terroristes en Irak est tellement «montée en épingle» qu ' elle devient suspecte. Jusqu ' ici nous avons eu droit à des informations faisant état de décapitations de trois otages occidentaux par ces groupes terroristes. Deux journalistes américains et un troisième, britannique, hier. Au motif qu ' elles sont «choquantes», les médias internationaux en parlent sans les montrer. Le ministre anglais des Affaires étrangères y va de son «authentification» en indiquant hier que «tout montre que la vidéo est authentique et nous n ' avons pas de raisons de ne pas y croire». On le laisse dans ses certitudes qui ne sont pas les nôtres. Pourquoi? Pour plusieurs raisons. La première est que le deuxième otage «décapité» ne ressemble pas vraiment au journaliste américain, James Foley. La deuxième est ce «floutage» systématique par les chaînes de télé du visage de ce troisième otage «décapité». La troisième est cet extraordinaire battage médiatique autour de ces vidéos. Si on voulait porter le plus loin possible l ' objectif des terroristes, on ne s ' y prendrait pas autrement. Et puis il y a cette insistance de ces mêmes médias à amalgamer ces nouveaux groupes terroristes avec un «Etat» qu ' ils veulent évidemment «islamique». Mercredi dernier, Obama a relevé cet amalgame dans son discours. «Ce groupe se fait appeler «Etat Islamique» mais il faut que les choses soient claires. La majorité des victimes(de ce groupe) sont des musulmans.(Ce groupe) n ' est certainement pas un Etat. Il était auparavant la branche d ' Al Qaîda en Irak» a - t - il précisé. Le président français, François Hollande, a adopté la même attitude lors de son intervention en Irak où il était vendredi dernier. Il a évité d ' utiliser le mot «Etat» pour désigner ces terroristes. Il a seulement précisé «qu ' ils ont des prétentions territoriales». Ce qui veut dire que ce sont les médias qui s ' échinent à qualifier «d ' Etat» un groupe de terroristes. Ils font même du matraquage. Ils n ' hésitent pas à qualifier le groupe de terroristes «le plus riche du monde». L ' International Business Times va jusqu ' à révéler le montant de leur fortune qui est, selon lui, de plus de 2,3 milliards de dollars. A croire que ces fonds sont déposés en banque et «mouvementés» publiquement. L ' autre raison, et non des moindres, est la prise en charge par Israël des terroristes blessés de ce fameux «Etat». Tel - Aviv a installé, il y a plus d ' une année, un hôpital près de la frontière syrienne pour les recevoir. Il est clair que cela devrait suffire pour éclairer tout ce qui est «flouté». Dernière raison: quand le bourreau est anglais et la victime américaine ou anglaise, il faut bien chercher pour trouver leur «filiation» islamique. Ceci dit, aujourd ' hui se tient à Paris une conférence internationale sur, précisément, ce terrorisme en Irak. Elle était souhaitée et prévue par le président français qui l ' avait annoncée dans un entretien au journal Le Monde, le 20 août dernier. L ' Egypte a déjà annoncé qu ' elle ne participera pas à l ' action militaire contre le groupe terroriste en Irak, projetée par la coalition internationale qui se dessine et qui est composée des pays occidentaux plus 10 pays arabes. Un Occident qui envisage d ' armer les «islamistes modérés» en Syrie contre ceux d ' Irak jugés plus radicaux. Encore une erreur qui est de croire qu ' il peut y avoir des terroristes «modérés». Nous nous contenterons de ces quelques points d ' éclairage pour dire que la mort de Ben Laden n ' a pas signé la fin du terrorisme. Au contraire, il repart de plus belle!