Ils étaient plus de deux milles journalistes, acheteurs, observateurs et personnel du groupe à assister, mardi 9 septembre, à ce qu ' Apple qualifie de«plus important lancement depuis l ' arrivée de l ' iPad».

C ' est au Flint Center, à Cupertino où se trouve le siège de la firme à la pomme et sous un soleil de circonstance que Tim Cook, le PDG du groupe, a fait sa présentation. Des stars comme le rappeur William, ou le comédien britannique Stephen Fry ont même fait le déplacement. La présentation s ' est achevée par un concert du groupe irlandais U2 qui en a profité pouroffrirgratuitement son nouvel album, le premier en cinq ans, aux 500 millions de détenteurs d ' un compte iTunes, le magasin en ligne de la pomme.

DÉPASSERSTEVE JOBS

Il fautdireque l ' événement était attendu. Le premieriPhoneest sorti voilà déjà sept ans, l ' iPad, quatre ans. Certes les ventes de la firme à la pomme se portent bien, mais sa croissance, elle, n ' est plus ce qu ' elle était en 2011 et surtout 2012.

La firme à la pomme se devait donc dedémontrerque sa capacité d ' innovation est intacte, même trois ans après la mort de Steve Jobs, le mythique fondateur, considéré comme la source de toute innovation.

Dérogeant à l ' habituelle présentation de chiffres et de statistiques qui précède le plus souvent les annonces, Tim Cook a très vite dévoilé les nouveaux iPhones. Très attendus, deux nouveaux terminaux, le «6» et le «6 plus», aux tailles d ' écran sensiblement plus importantes que celles des précédentes versions, ont été présentés. Les deux nouvelles machines feront respectivement 4,7 et 5,5 pouces de diagonale.

UNE MONTRE POUR SE RELANCER

Mais les observateurs n ' attendaient pas vraiment la ritournelle des nouvelles capacités des iPhones. Ils étaient venusvoirun nouveau produit, le«plus intime»a indiqué Tim Cook, celui qui est supposérelancerla croissance insolente du groupe: sa montre connectée.

C ' est donc un an après son grand concurrentSamsungqu ' Apple a lancé sa montre connectée, l ' Apple Watch. Tactile, la nouvelle machine peut, comme les montres des concurrents,montrerles SMS, les appels, la musique, les applications de cartographie et plus. Sansoublierbien sûr Siri, l ' assistant vocal maison qui permet de lacontrôleravec la voix.

Inconvénient, elle ne marche que si un iPhone(5 ou plus récent) est à proximité, dans la poche de l ' utilisateur par exemple). Pour l ' instant aucune date de sortie n ' a été communiquée, le groupe se contentant depréciserque la montre ne serait disponible qu ' en 2015, àpartirde 349 dollars(269 euros).

«DÉCEVANT»

Confronté à la saturation progressive du marché du haut de gamme, le groupe de Cupertino compte désormais sur ce nouveau produit pourpérennisersa croissance. Problème, les montres ne comptent aujourd ' hui, selon Kantar World Panel, que pour 1 % des ventes d ' objets connectés dans le monde.

«Les montres déjà présentes sur le marché n ' ont pas cartonné car elles ne remplissaient aucun des critères nécessaire: esthétique, réel intérêt pour le consommateur et prix, Apple lui a fait une belle montre à un prix acceptable quand on pense à celui des montres deluxe», insiste Mme Milanesi.

Alexandre Peterc de Exane BNP, y voit, quant à lui, une belle opportunité defairede la marge notamment avec les bracelets interchangeables, véritablesaccessoiresdemode.

«Ils ont fait comme pour les iPhones, ils sont arrivés avec un produit qui existe déjà mais ils ont montré au monde comment il devraitêtre, attirant ainsi d ' autres consommateurs que les technophiles», s ' enthousiasme Axel Droin, du cabinet Eleven.

Seulement voila, même si elle est source de nouvelles marges, la montre ne sauraitêtrela locomotive que les marchés attendaient, indique Paul Jackson du cabinet Ovum.

« Elle est chère et il manque plein de détails comme la durée de la batterie. Il y a aussi le fait qu ' il faille absolument un iPhone pour l 'utiliser. C ' est décevant de nepouvoirl 'utilisertoute seule ne serait - ce que de temps en temps», explique l ' analyste.

«ILS ONT RINGARDISÉ PAYPAL»

Mais Apple a plus d ' un tour dans son sac. Outre la montre et les nouveaux iPhones, le groupe a introduit le paiement sans contact appelé «Apple Pay». La firme entend ainsibénéficierdes 500 millions de personnes qui possèdent un compte iTunes et qui ont donc déjà renseigné leurs informations bancaires.

Serait - ce là le vrai relais de croissance tant attendu? Tout dépendra des partenaires, explique Axelle Droin.«Il fautvoirsi les terminaux compatibles NFC marchent tous ou s ' il en faut des nouveaux, auquel cas il faudraconvaincreles commerçants de s 'équiper.Orqui indique qu ' ils souhaiteront une deuxième couche de prélèvements? Celle de la banque et celle d ' Apple».

M Peterc, lui, est plus enthousiaste:«ils ont ringardisé Paypal», indique - t - il. Reste àvoirdans quelle mesure «l ' Apple pay» se propagera dans les marchés hors Etats - Unis. Les investisseurs seront attentifs.