SONDAGE - S ' ils se satisfont des départs de Montebourg et Hamon, 54% des Français réclament une dissolution de l ' Assemblée.

Rien n ' y fait. Le nouveau gouvernement Valls n ' inverse pas la donne. Les Français n ' accordent toujours pas leur confiance à François Hollande ni à son premier ministre. Selon OpinionWay, 75% des Français ne font pas confiance au nouveau gouvernement formé par Manuel Valls pour relancer l ' économie. Cette situation tourne même au calvaire politique pour l ' exécutif, qui voit fondre ses soutiens dans l ' opinion. Car si les électeurs de droite et du centre sont très rétifs(12% des électeurs de Nicolas Sarkozy en 2012,25% des électeurs de François Bayrou et 6% des électeurs de Marine Le Pen), ceux qui ont voté Hollande en 2012 ne sont plus que 52% à lui faire encore confiance. «La situation politique est très compliquée car la défiance est très forte pour l ' exécutif, au sein même de la gauche où près d ' un électeur de Hollande sur deux ne lui fait pas confiance», assure Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d ' OpinionWay.

Cette faiblesse dans son propre camp est sans doute le symptôme politique le plus dangereux pour Hollande et Valls. Le socle électoral du président de la République se dérobe un peu plus chaque jour sous ses pas. Et si on y ajoute la gauche de la gauche, où les sympathisants de Jean - Luc Mélenchon ne sont que 19% à lui faire confiance, on sent toute de suite que les mois qui viennent vont être difficiles pour le gouvernement Valls.

«Cette crise de confiance est d ' autant plus profonde que ce ne sont pas les orientations économiques qui sont remises en cause», explique Bruno Jeanbart. Ainsi, 66% des Français interrogés souhaitent que le nouveau gouvernement poursuive sa politique d ' aide et de soutien à la compétitivité des entreprises. Ils ne sont que 31% à vouloir que celle - ci diminue. Seuls les électeurs de Mélenchon s ' y opposent(58%). Ce sont les sympathisants UMP qui, avec 83%, sont les plus nombreux à vouloir le maintien de la politique en faveur des entreprises. Il en va de même pour la lutte contre les déficits: 65% des Français désirent que le gouvernement poursuive sa politique de réduction de la dette. Là aussi, ce sont encore les électeurs de Mélenchon(à 52%) qui sont les seuls à y être majoritairement opposés.

Les Français favorables aux départs de Montebourg et d ' Hamon

Un point semble mettre d ' accord les Français et l ' exécutif: les départs d ' Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon. 60% estiment(contre 39%) que Hollande et Valls ont eu raison d ' écarter le ministre de l ' Économie et 57%(contre 42%) celui de l ' Éducation.

Même dans l ' électorat PS, le soutien à Montebourg est faible. Les électeurs PS et UMP sont sur la même longueur d ' onde(67% et 68%), en donnant raison à Hollande et Valls. Montebourg obtient le soutien, attendu, de l ' électorat mélenchoniste(60% donnent tort à l ' exécutif) mais également celui, a priori moins évident, des électeurs de Le Pen, qui, d ' une courte majorité(52% contre 48), n ' approuvent pas le départ de Montebourg. Un regret sans doute bâti sur les attaques répétées de l ' ex - ministre de l ' Économie sur l ' Europe, sa stratégie de démondialisation et sa défense du «made in France». Malgré tout, le peu de soutien dont disposent Montebourg et Hamon montre la difficulté pour la gauche frondeuse d ' incarner une véritable alternative.

54% des Français réclament une dissolution de l ' Assemblée

Après la crise politique que vient de vivre le gouvernement, le mot de «dissolution» est sur de nombreuses lèvres. Or, si les Français la réclament à 54%, ils sont une écrasante majorité à en voir les limites. En effet, 84% ne pensent pas que Hollande va dissoudre l ' Assemblée pour procéder à de nouvelles législatives. Seuls les électeurs UMP et FN attendent une dissolution. Ils sont respectivement 75% et 83% à la souhaiter, quand 25% des sympathisants PS, 43% des mélenchonistes et 45% de bayrouistes la réclament.

Cette forte proportion de l ' électorat de droite à exiger une dissolution pourrait mettre la pression sur les dirigeants UMP. Car si Marine Le Pen a déjà, au moment des européennes, formulé le souhait d ' une dissolution, on peut penser qu ' elle devrait continuer dans cette voie. Dès lors, il peut être difficile pour l ' UMP de se couper de la grande majorité de son propre électorat qui, lui, l ' exige.