1 - Les objectifs internes d’Israël
La guerre asymétrique de Gaza marque le paroxysme de l’offensive israélienne contre les Palestiniens en 2014. On peut remarquer dans ce contexte, chez les deux parties belligérantes – palestinienne et israélienne – des processus qui a mis au ban les excès israéliens. Avant la confrontation avec le Hamas et la Résistance, Netanyahou est plutôt la cible des critiques acerbes des partis tels que Yesh Atid. Ce courant a tiré la sonnette d’alarme, lors des dernières législatives pour les extrémistes de sorte qu’il est devenu la deuxième force politique du pays après les élections législatives israéliennes de 2013 où il a recueilli 507 879 votes soit 14,19 % des suffrages exprimés avec 19 députés à la Knesset. Dans de telles circonstances, la perduration de l’extrémisme balise surtout le terrain aux échecs de Netanyahu, qui se multiplieront sans doute dans la perspective de la hausse des frais de la guerre. Des frais, qui, selon les estimations des experts et de la presse du régime sioniste, sont évalués à 150 millions de shekels par jour et qui sont jusqu’au 25ejour de la guerre 4 milliards de shekels(un milliard 300 millions de dollars), en d’autres termes le grand perdant de la crise à Gaza n’est autre que la personne même de Netanyahou. D’où ses nombreux problèmes aux futures élections alors que le parti travailliste et Yesh Atid jouiront d’une plus large manœuvre sur la scène électorale. Juste au point opposé de ce paysage d’ambiguïté, les Palestiniens deviennent de plus soudés contre la politique du régime usurpateur de sorte que le courant de la Résistance s’est même propagé en Cisjordanie et dans l’Autorité autonome à Ramallah; une telle spéculation repose sur la convergence et l’union du Fatah et du Hamas au sein du gouvernement de coalition nationale. Cette vérité est indéniable pour les Palestiniens qu’Israël est, primo, usurpateur, qu’il n’a pas préparé le terrain au retour des réfugiés. Secundo, il n’a pas relâché les prisonniers palestiniens; tertio, il n’est pas retourné aux frontières 1967 et en quarto la colonisation s’est accélérée en Cisjordanie. En début avril 2014, le cabinet extrémiste de Netanyahou avait conclu que la convergence Fatah - Hamas, sur le fond des rencontres Abou Mazen et Khaled Mechaal, feraient ouvrir un nouveau front contre le régime occupant. Les échecs du secrétaire d’Etat américain John Kerry d’une part et de l’autre les efforts déployés par l’Iran, le Qatar et la Turquie en filigrane de l’accueil chaleureux des pays islamique de l’union du Fatah et du Hamas mettent en exergue l’importance de l’unité pour l’avenir de la Palestine; il va donc de soi que l’un des objectifs du régime occupant de l’actuelle guerre est de diviser le Fatah et le Hamas et d’entraver les négociations Mechaal - Abou Mazen. Abou Mazen est, depuis ces trois dernières années, plus enclin à l’union avec le Hamas et la mise en place du nouveau gouvernement; d’autant plus que l’Autorité autonome à Ramallah aurait pu se transformer en gouvernement puisqu’il existe les critères nécessaires à un gouvernement: population, terre et cabinet de Ramallah; selon les rapports du FMI et de la banque mondiale, l’Autorité automne a pu obtenir la puissance nécessaire pour assurer sa souveraineté. La banque mondiale et le FMI ont reconnu dans leur rapport d’avril que le cabinet palestinien est un gouvernement à part entière. Ce rapport a eu un rôle important dans les démarches entreprises par Abou Mazen. En avril 2014, les représentants du Fatah et du Hamas ont franchi des pas essentiels vers la mise en place d’un gouvernement d’union nationale; dans de telles conditions l’offensive d’Israël à Gaza a été un pas important pour saper l’union et la convergence du Fatah et du Hamas. La destruction des infrastructures de la bande de Gaza était un autre objectif d’Israël dans sa guerre contre Gaza; Israël est conscient de la compétence de la Résistance et c’est en tenant compte de cette compétence qu’il a mis à son ordre du jour la destruction des infrastructures de la bande de Gaza. La méthode de bombardement des zones résidentielles en témoigne. Le point intéressant dans ce sens est le raid des chasseurs israéliens contre l’école de l’Onu, ce qui a suscité la surprise de cette instance.2 - les objectifs régionaux d’IsraëlLa principale raison à l’échelle régionale de la crise de Gaza est le renforcement de l’armée syrienne et la convergence des forces gouvernementales contre les extrémistes du Front al - Nosra en Syrie. Dans la perspective des estimations sur le terrain, l’armée syrienne a enregistré des victoires importantes à Al - Qalamoun, à Hama, à Idlib et à Damas; la progression de l’armée a largement divisé le camp anti - Assad. Avec l’investiture de Bachar Assad briguant un autre mandat présidentiel, cette hypothèse a été confirmée que le renforcement de convergence de l’axe de la Résistance est une autre raison de la nouvelle guerre contre Gaza. Le point plus important c’est que l’Iran en annonçant son soutien au Hamas et aux stratégies de ce mouvement, a favorisé la convergence de la Résistance avec l’Iran. L’insistance des leaders politiques et militaires du Hamas dont Mohamed al - Zif chef des brigades d’Ezzeddin Qassam sur la perduration de la Résistance, sur le fond du soutien de Khaled Mechaal des aides matériels et spirituels de l’Iran traduisent le fait que l’axe de la Résistance, contrairement à l’idée générale, a eu un nouvel arrangement sur les champs de bataille; ce nouvel arrangement est une autre raison d’Israël dans la guerre contre Gaza. Les leaders de l’axe de la Résistance sont conscients qu’avec la stabilité politique en Syrie et le retour du Hamas en ce pays, la guerre entre Israël et le front de la Résistance est inévitable. L’insistance de Bachar Assad de se venger d’Israël en annonçant que la Syrie et la Résistance ouvriront le front du Golan contre le régime occupant, cristallise cette idée que l’objectif d’Israël de sa nouvelle guerre contre Gaza était en fait de prévenir l’unité de l’axe de la Résistance dans la région. Dans ce sens, le Hamas, tenant compte de sa place particulière, joue un rôle important dans les stratégies sécuritaires du régime sioniste et l’élimination du Hamas est un des objectifs régionaux à long terme d’Israël dans sa guerre contre Gaza.3 – Les objectifs internationaux d’IsraëlA l’échelle internationale, qu’on appelle l’échelle systémique, on constate une relation entre les politiques des Etats - Unis et du régime sioniste; ce rapport se réalise via l’AIPAC dans le sens d’assurer les intérêts du régime sioniste. La sécurité du régime occupant a toujours été le facteur essentiel à l’échelle systémique et du lien étroit entre les intérêts de l’Occident dont les Etats - Unis et ceux d’Israël. Dans ce droit fil, les démarches entreprises par John Kerry pour régler le conflit arabo - israélien, était une politique des Etats - Unis pour régler ce conflit et assurer la sécurité d’Israël dans une approchesoft, une politique qui a par ailleurs échoué. Une semaine après l’offensive israélienne contre Gaza, Barack Obama a défendu la politique d’Israël contre le Hamas, ce qui pourrait nous mener à conclure que la sécurité d’Israël a été un des principaux objectifs à l’échelle internationale de l’offensive contre Gaza, une offensive qui se poursuite dans le silence de mort de la communauté mondiale. Les Etats - Unis, l’Occident et le régime sioniste ont toujours une même position vis - à - vis de Gaza; ils appellent les groupes de Résistance de courant terroriste, ce qui est une lecture différente des principes et des règles du Droit international. Tandis que le rapport des raids israéliens dans cette nouvelle offensive traduit l’asymétrie de cette agression, la disparition de trois jeunes israéliens semble bien disproportionnée avec l’offensive surprise et sauvage de ce régime contre Gaza. Ce alors que si cette attaque avait eu lieu contre un allié des Etats - Unis, une résolution parrainée par Washington serait passée sans aucun doute au Conseil de sécurité et comme le cas actuel, il ne serait pas heurté au veto américain.La perspective de l’offensiveL’offensive surprise d’Israël a eu lieu dans des circonstances qu’en premier lieu le monde vivait à l’heure de la Coupe du monde de football 2014 au Brésil et qu’en second lieu la région devait relever un nouveau défi des extrémistes. Par conséquent, les circonstances spatio - temporelles des raids contre Gaza évoquent la programmation de cette offensive avant même la disparition des trois jeunes israéliens; l’abus du régime sioniste de cette affaire vise à des objectifs particuliers qui sont de nature stratégiques. Or l’ampleur de la puissance du Hamas et des courants de la Résistance et leur compétence régionale met en exergue la puissance destructrice de la Résistance au cas de la perduration de la guerre est beaucoup plus; le carnage à Gaza a renforcé la position de la Résistance sur la scène diplomatique mais aussi sur les champs de bataille.