Pas de sirène d'alerte côté israélien, pas non plus de fracas de bombardement ou de tir d'artillerie côté palestinien. Trente jours tout juste après le lancement de l'opération « Bordure protectrice » par l'armée israélienne, le cessez-le-feu entreIsraël et le Hamas, commencé mardi pour trois jours, se poursuivait mercredi 6 août.

A la faveur de cette accalmie, les secours ont pu accéder à des zones bloquées par les combats, où ils commençaient à découvrir de nouveaux corps, alourdissant un bilan humain déjà exorbitant. Selon le ministère de la santé palestinien, cette guerre a fait au moins 1 875 morts, dont 430 enfants et adolescents et 243 femmes.

ENTRE 4 ET 6 MILLIARDS DE DOLLARS DE DÉGÂTSEn voiture ou sur des charrettes tirées par des ânes, des milliers de Palestiniens qui avaient fui la menace des bombardements ont regagné leur domicile, etconstaté les ravages infligés par l ' armée israélienne. La guerre a causé entre 4 et 6 milliards de dollars de dégâts directs, mais l ' addition pourrait être bien plus salée, selon le vice - ministre de l ' économie palestinien.Le cessez - le - feu a également permis aux journalistes internationaux d 'atteindredes zones qui étaient jusque - là inaccessibles.L ' équipe de France 24 a ainsi découvertun site de lancement de roquettes du Hamas, situé en plein milieu d ' un quartier résidentiel de Gaza. A 100 mètres du site se trouve également une école placée sous le contrôle de l ' Organisation des Nations unies. Une proximité qui fait débat, alors que l 'armée israélienne,mise en cause dans le bombardement de plusieurs bâtiments sous contrôle des Nations Unies, a toujours affirméviserdes positions du Hamas.

NÉGOCIATIONS

Des discussions doivent à présent s ' ouvrir pour une paix plus durable entre des belligérants aux exigences diamétralement opposées. La délégation israélienne est arrivée mardi soir au Caire, tandis que les représentants du Hamas, du Jihad islamique et du Fatah dans la bande de Gaza ont rejoint la délégation palestinienne déjà présente dans la capitale égyptienne.

Mais les négociations entre les deux ennemis risquent de piétiner encore. Le Hamas réclame en effet la levée du blocus israélien qui étouffe l ' économie d ' un territoire de 41 kilomètres de longueur sur 12 de largeur au maximum, sur lequel s ' entassent 1,8 million de personnes, pour moitié des mineurs. La délégation palestinienne s ' est en outre entendue sur une série d ' autres exigences, comprenant notamment l ' ouverture des points de passage aux frontières, l ' élargissement de la zone de pêche autorisée à 12 milles nautiques et la libération de prisonniers palestiniens.

Israël insiste pour sa part sur son impératif de sécurité. Et une récente exigence s ' annonce comme un obstacle considérable: que la reconstruction de la bande de Gaza soit liée à sa démilitarisation.


1 875 Palestiniens tués depuis le 8 juillet

  • Selon un bilan communiqué mercredi 6 août au matin par les secours palestiniens, 1 875 Palestiniens, très majoritairement des civils, ont été tués. Ce bilan augmente à mesure de la découverte de nouveaux corps sous les gravats.
  • Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l ' ONU(OCHA) avance un autre bilan, de 1 814 personnes tuées. Parmi eux, au moins 1 312 civils, dont 408 enfants. Quelque 520 000 Palestiniens ont été déplacés par ce conflit; 170 000 d ' entre eux ont trouvé refuge dans l ' un des 82 centres sous contrôle de l ' ONU.
  • Côté israélien, 64 soldats et 3 civils ont été tués, et 400 personnes ont été blessées. Depuis le début du conflit, le 8 juillet, l ' armée israélienne a procédé à 4 686 bombardements dans la bande de Gaza. Sur la même période, 2 560 roquettes et tirs de mortier provenant de militants palestiniens ont frappé l ' Etat juif, dont 556 ont été interceptés par le système de défense antimissile « Dôme de fer».