L'Italien Matteo Trentin (Omega Pharma-Quick Step) a remporté la septième étape du Tour de France, vendredi 11 juillet à Nancy, devant le Slovaque Peter Sagan, battu de très peu. Le champion d'Italie Vincenzo Nibali (Astana) a gardé le maillot jaune de leader. Le final, très animé, a par contre coûté cher aux deux représentants de la nouvelle vague américaine, Tejay van Garderen, qui a lâché près d'une minute, et Andrew Talansky, à terre dans le sprint. Sagan, qui s'est classé, au plus mal, cinquième depuis le départ de Leeds, a échoué une nouvelle fois à gagner. Grand favori de cette étape, le maillot vert du Tour a misé sur son punch pour riposter à l'attaque dans la dernière côte du Belge Greg van Avermaet. Mais le duo a été repris à l'approche de la flamme rouge par le premier groupe de poursuite. Sagan a trouvé les ressources pour surgir dans le sprint, sans parvenir toutefois à remonter Trentin. Sur la ligne, l'Italien de l'équipe Omega Pharma, emmené par le Polonais Michal Kwiatkowski, a enlevé son deuxième succès, un an après s'être imposé à Lyonpour ses débuts dans le Tour à l'âge de 23 ans. A Nancy, il a procuré son premier succès à la formation belge, privée, depuis la première étape, de son chef de file, le Britannique Mark Cavendish. « DUR PHYSIQUEMENT ET NERVEUSEMENT»Sagan, coude et genou gauche bandés en raison de ses chutes des jours précédents, n ' a pu que baisser la tête, d ' autant que son équipe, Cannondale, a largement été mise à contribution tout au long de la journée. Car le peloton est fatigué, usé par les sept premières journées de course, le stress et les blessures liées aux chutes. A l ' exemple du champion de France Arnaud Démare, en mode survie jusqu ' à la journée de repos mardi prochain à« C ' est dur physiquement et surtout nerveusement, encore plus que d ' habitude, souligne le directeur sportif de l ' équipe BMC, Yvon Ledanois.Mais c ' est une chance d ' avoir eu autant de public sur les étapes. Je l ' ai dit aux coureurs, ils n ' auront pas souvent la chance de connaître ça. Mais la conséquence, c ' est la fatigue. Les Vosges vont faire mal.»ÉCHAPPÉE ET CHUTES Avant de rejoindre les premiers cols, le Tour s'est offert en tout cas une longue (234,5 km) traversée de la Champagne et de la Lorraine pour rejoindre Nancy. Une échappée de six coureurs, à l'initiative du champion de Suisse Martin Elmiger et du Tchèque Bartosz Huzarski, a été relayée par les Français Anthony Delaplace, Nicolas Edet et Alexandre Pichot avec l'Américain Matthew Busche. Le sextette s'est assuré un avantage de 4 min 20 s avant que l'équipe de Sagan prenne les commandes du peloton. La formation italienne a modulé la poursuite pour laisser à l'échappée un avantage de l'ordre d'une minute. Elle a rejoint les deux derniers rescapés de l'échappée, Huzarski et Elmiger, au seuil des vingt derniers kilomètres. Les sprinteurs (Kittel, Démare, Degenkolb, Greipel) ont été décrochés quelques instants plus tard dans la petite côte de Maron où Thomas Voeckler a tenté en vain de sortir. Nibali s'est pointé à l'avant pour éviter les chutes, le danger principal de la première semaine du Tour. Van Garderen, l'une des victimes du jour, s'est retrouvé à terre à 16 kilomètres de l'arrivée après avoir touché la roue d'un coéquipier alors qu'il était placé dans les premiers rangs du peloton. Talansky, lui, a chu lourdement dans la ligne droite finale après une autre chute qui a concerné plusieurs coureurs dans le dernier virage, aux 800 mètres.