Malversation et blanchiment d’argent plombent Riyad! Les chiffrent sont bien éloquents: 500 cas ces deux dernières années, rapporte le journal londonienAl - Hayat. La corruption financière n’affecte pas seulement l’Arabie saoudite, elle s’est transformée en un phénomène courant dans les pays arabes, avec son lot de problèmes sociaux: paupérisation, fossé économique et social, discrimination, chômage notamment parmi les jeunes diplômés, logement… pour n’en citer que les plus importants. Le lien direct entre la corruption financière de l’ordre politique et la courbe ascendante des problèmes sociaux constitue la raison principale des mouvements de protestation anti - gouvernementaux dans les pays arabes, déclenchés en 2011. L’Arabie n’en fait pas exception. Or la question qui se pose consiste à savoir pourquoi, l’Arabie qui se dit le leader du monde arabe souffre - t - elle, elle aussi, de la crise de la corruption financière? Les pays arabes, dans leur quasi - majorité, souffrent effectivement d’un même problème: le pouvoir héréditaire et l’économie de rente. Et dans cette perspective, l’Arabie est le foyer du pouvoir héréditaire, un pouvoir dont seule Al - e Saoud est le détenteur, faisant pluie et beau temps selon ses caprices. Dans de telles sociétés, où le pouvoir est transmis par droit de succession, et ne repose pas sur la contribution politique et les élections, la transparence politique et économique n’ont pas de place; l’absence de puissantes institutions civiques fait décupler le coefficient de corruption notamment sur le plan économique d’où la violation d’envergure des droits de citoyenneté; ce qui est monnaie courante en Arabie, un pays qui est le plus grand exportateur du brut et détenteur d’un cinquième des réserves en pétrole dans le monde, d’où son économie de rente, une économie basée uniquement sur l’exploitation de ses ressources naturelles offertes par sa position géographique, a donné lieu à une corruption financière d’envergure chez les princes saoudites. La malversation est devenue si flagrante au sein de la famille Saoud que le roi s’est vu forcé, il y a quelque temps, de la reconnaître.