Peu après la victoire de Bachar Assad aux élections présidentielles, les médias de la Turquie ont lancé une nouvelle campagne contre les politiques du gouvernement Erdogan envers Damas.
Ils précisent que les responsables turcs ont mis au piège leur pays en optant pour une politique erronée vis - à - vis de la Syrie. Au cours des élections présidentielles en Syrie, les médias turcs se sont abstenus de couvrir les nouvelles électorales. Seuls les médias liés au gouvernement ont reflété les positions des opposants envers la présidentielle. Ils ont également montré une image perturbée de Bachar Assad en parlant des régions contrôlées par les terroristes. Cependant, les journaux turcs ont critiqué, dans leurs analyses, les politiques du gouvernement Erdogan face à la crise en Syrie. Dans ce droit fil, le quotidien turcMelliata fait paraître un article, signé Sami Kohen: « La guerre contre la Syrie n’a pas encore fini mais la réalité reste inchangée: la Turquie fait partie des perdants». Sami Kohen s’est ensuite attardé sur les raisons de l’incapacité des rebelles de renverser le gouvernement Assad. « Les victoires en série de l’armée syrienne face aux terroristes, la discorde entre les rebelles, l’entrée des groupes terroristes en Syrie et l’image éclaboussée de scandales des rebelles syriens sont les facteurs garantissant le maintien de Bashar Assad au pouvoir», indique l’article avant d’ajouter: « Il est sûr et certain que la Turquie sortira vaincue du dossier de la Syrie en raison de ses politiques erronées visant à renverser le gouvernement Assad. En réalité, Ankara s ' est fait une partie impliquée dans la crise syrienne. Bashar Assad reste debout sur ses pieds alors que la Turquie fait face à un grand problème: les réfugiés syriens à ses frontières! La Turquie a besoin de 3,5 milliards de dollars pour régler les affaires des réfugiés syriens. En plus, Al - Qaïda et d’autres groupes terroristes sont présents près de la frontière avec la Syrie. Tous ces problèmes puisent dans les politiques erronées d’Ankara concernant le dossier syrien. Bachar Assad reste au pouvoir alors que les responsables turcs sont toujours préoccupés». Toujours dans ce contexte, le quotidienRadicala écrit: « Les politiques de la Turquie ont échoué après que celle - ci s’est transformée en une partie impliquée dans la crise syrienne et que Bashar Assad est maintenu au pouvoir. En plus, la Turquie est impliquée dans une guerre confessionnelle, déclenchée par le Qatar et l’Arabie saoudite». « La majeure partie du discours confessionnel de Recep Tayyip Erdogan envers la Syrie résultait des calculs erronés qui ne s’étaient pas montrés avant les événements du Parc Gezi et l’appellation du troisième pont sur le détroit du Bosphore sous le nom du Sultan Selim». Le quotidienRadicalcontinue: « Les impacts des calculs erronés d’Ankara vis - à - vis de la Syrie ne se limitent pas à la politique extérieure, ils influent également sur les évolutions qui se produisent à l’intérieur de la Turquie. Non seulement les prévisions sur la chute immédiate du gouvernement syrien étaient erronées mais en plus les prévisions sur le renversement d’Assad n’ont eu aucun résultat. La décision d’Ankara d’entrer dans la guerre confessionnelle en Syrie l’a mis au piège d’autant plus que les conflits interconfessionnels se sont intensifiés en Turquie». L’éditorialiste du quotidienRadicalprécise: « J’ai critiqué, il y a un an, la politique d’Ankara qui voulait à se mettre aux côtés de l’Arabie saoudite, du Qatar et de toute autre partie sunnite car ces pays apportent un soutien indéfectible aux groupes sunnites salafistes. Aujourd’hui, le torchon brûle entre l’Arabie saoudite et la Turquie au sujet de l’Egypte et il ne reste rien, pour la Turquie, que l’axe des Frères musulmans». L’auteur de cet article a enfin demandé aux responsables turcs de réviser leurs politiques envers la Syrie. « Cela n’a rien à voir avec la réélection de Bashar Assad. La Turquie ne doit pas faire partie de la guerre interconfessionnelle en Syrie et il lui incombe plutôt de soutenir son équilibre intérieure et sa stabilité».