Cours de l ' action Alstom: + 10% pour son retour en Bourse

ALSTOM - Après des jours de flou, la sortie du tunnel. Mercredi matin, le groupe français a annoncé avoir reçu et accepté une offre ferme de General Electric pour ses activités énergies, sans pour autant fermer la porte à Siemens. Montant de l’opération: 12,35 milliards d’euros, avec à la clé l’espoir d’un retour au calme. Il faut dire que le cours de l’action était suspendu depuis vendredi 25 avril. La veille, l’AMF(gendarme de la Bourse) avait requis la fin des tergiversations et demandé à Alstom de communiquer sur les offres en présence. Après la décision d ' avancer avec GE, le cours a explosé à l ' ouverture, à + 12,89%, laissant paraître un adoubement des actionnaires. Le premier d ' entre eux, Bouygues, grimpait par ailleurs de 2%. L ' action General Electric avait clôturé la veille dans l ' expectative(- 0,07%), attendant la décision d ' Alstom. L ' ouverture de Wall Street devrait à son tour la faire passer dans le vert. Mardi, Alstom avait été pris au piège des rumeurs les plus déstabilisatrices. Siemens s’était dit prêt à formuler une contre - offre, par la bouche d’Arnaud Montebourg puis par communiqué. Des rumeurs faisaient état d’une arrivée de EDF dans le jeu, tandis queLe Figaroassurait une préférence pour General Electric, pendant queLes Echospubliaient une lettre de promesses de l’Américain. De quoi mettre le titre de Bourse en ébullition sans position claire d’Alstom.Plus de 8 millions d ' actions échangées à l ' ouvertureL ' action s ' était envolée de 11% jeudi 24 avril après la révélation parBloombergde l ' imminence d ' un " deal " avec GE. Nul doute que les échanges de cette journée seront scrutés à la loupe par les gendarmes de la Bourse française. Ceux de mercredi s ' annoncent aussi très volatiles: plus de 8 millions de titres ont changé de main à l ' ouverture, à comparer aux 1,5 million échangés pour une journée " normale " le 28 mars dernier. Le groupe d’énergie et de transports se donne jusqu’à la fin mai pour mener un examen approfondi de l’offre de GE, en tenant compte des intérêts de l’ensemble des parties prenantes, " y compris ceux de l’Etat français ", note - t - il dans un communiqué. GE semble être en très bonne position, d’autant que le conseil d’administration s’est déclaré favorable à l’Américain. Cependant, le groupe s’est réservé le droit de répondre à des candidats non sollicitées, " dont le sérieux et l’intérêt pourraient conduire à une meilleure offre pour Alstom ". Si GE finissait par être écarté, l’Américain recevrait une indemnité de rupture égale à 1,5% du prix d’acquisition, soit 185 millions d’euros. Pour Patrick Kron(PDG), l ' opération avec GE a du sens. Les portefeuilles d ' Alstom et de GE dans l ' énergie présentent des complémentarités quasi parfaites, explique le management. Le nouvel Alstom, dans cette configuration, resterait une entreprise cotée de 27.000 personnes centrée sur le ferroviaire, dont les revenus 2012/2013 ont atteint 5,5 milliards d ' euros.Siemens à la traine mais toujours dans le jeuLe conseil indique avoir pris connaissance de la déclaration d ' intérêt de Siemens. Il assure au groupe allemand " un accès équitable à l ' information lui permettant, le cas échéant, de soumettre une offre ferme ". Elle sera examinée en fonction de l ' intérêt social de la société et de celui de l ' ensemble des parties prenantes, dans le respect des engagements pris. L ' Allemand s ' est néanmoins dit " déçu " du manque de coopération du patron d ' Alstom. Il faut dire que Patrick Kron n ' a jamais semblé s ' écarter de General Electric. Si la forme est mise dans les communiqués, le destin du fleuron français a toujours été scellé. L ' ouverture laissée à Siemens apparaît comme une main tendue à l ' Etat français, ennuyé de voir une entreprise américaine racheter un fleuron français. Au final, il faudra certainement s ' y faire: les activités énergétiques d ' Alstom devraient passer sous pavillon américain. Siemens avait manifesté son intérêt pour Alstom dimanche, après la révélation des discussions entre le français et l ' américain. Il a demandé mardi à avoir accès aux comptes et à disposer d ' une période de quatre semaines pour s ' entretenir avec la direction du groupe français. Siemens a mis au point une contre - offre aux termes de laquelle il apporterait son secteur trains(et ses rentables métros) à Alstom en échange du rachat de la division énergie du groupe français. L ' Allemand semble néanmoins en train de perdre son bras de fer. Dans la nuit de mardi à mercredi, il a annoncé mener parallèlement des discussions avec le britannique Rolls Royce pour lui acheter des actifs dans l ' énergie.La communication de Montebourg passe mal depuis l ' AllemagneDepuis l ' Allemagne, le volontarisme de l ' Etat français suscite des questions. Le quotidien conservateurFrankfurter Allgemeine Zeitungconsidère que " c ' est un mauvais présage que ce ne soit pas Siemens qui ait annoncé la nouvelle " de l ' offre, mais le ministre français Arnaud Montebourg - et en plus devant l ' Assemblée Nationale ". Pour lui, Siemens et son patron " font figure de marionettes " inféodées aux intérêts français. Une offre sur Alstom sera " l ' épreuve du feu " pour Joe Kaeser, en poste depuis peu et désireux d ' imprimer sa marque, relève leSpiegel, mais même s ' il agit en habile tacticien, en s ' assurant le soutien de Paris, il prend beaucoup de risques. " Le fait est qu ' il y a un gros travail de restructuration à faire chez Alstom ", fait valoir le magazine économiqueWirtschaftsWoche sur son site internet.