Pourquoi espionner les alliés?
Cette question tortille depuis quelques jours l’esprit de Mme Merkel qui jugeait encore jeudi inadmissible que les amis se jouent entre eux à la taupe!! La surprise de Hollande a aussi été grande quand il a appris que des millions de français ont été mis sur écoute par la NSA américaine et que lui - même, risque de figurer en bonne place sur cette fameuse liste de personnalités à espionner que la Maison Blanche a envoyée à l’agence nationale de sécurité! Que Ahmadinejad, Maduro ou Assad fassent l’objet d’écoutes illégales des Américains, cela se comprend. Après tout, ces « ennemis» de Washington pourraient se payer le luxe de transmettre, via leurs conversations privées, des informations classifiées! Mais pourquoi avoir ciblé une Merkel ou encore un Holland dont le tropisme pro - américain est devenu une seconde nature? En politique tel qu’elle est conçue par les Etats Unis, il existe un principe indéfectible: « ne jamais faire confiance à personne». Un allié, quel que soit le degrés de sa fidélité de son allégeance envers le maitre, constitue un ennemi potentiel, un ennemi contre qui il convient de détenir un arsenal de preuves pour au cas où l’envie le prendrait de désobéir. On se rappelle fort bien les propos de Zipi Livni sur ses relations intimes qu’elle avait entretenues avec certains dirigeants arabes, propos qui très étrangement font surface à chaque tour de négociations arabo israéliens. Un cas plus ordinaire aura été la série de scandales sexuels au sein de la BBC qui ont éclaté au grand jour presque consécutivement à la diffusion par la chaine britannique des reportages et des émissions critiquant la colonisation des territoires palestiniens par Israël. Bref, tout fidèle que tu soi envers les Etats Unis, tu ne méritera jamais son amitié. Cette traitrise naturelle érigée en principe de politique étrangère a aussi frappé les populations des Etats alliés? Pourquoi espionner donc les français, les allemands, les britanniques …? S’agit - il là aussi de surveiller « les terroristes en herbe» comme le sont les gens du Moyen Orient? le « monde virtuel» regorge de logiciels différents et les occidentaux se font un plaisir fou à les installer sur leur Pc, iphone et autres gadgets de la technologie. Les Etats Unis en qualité d’incitateur du plus vaste réseau d’espionnage du monde qu’est l’internet, aiment à chaque instant tâter le pouls des « consommateurs». Cette quête perpétuelle lui permettrait de maintenir toujours une longueur d’avance sur l’Europe de plus en plus vampirisée économiquement par le « Big Brother». Mais l’économie est un seul aspect de ces vastes opérations d’espionnage. L’hégémonie US que Brezinski proclamait la fin, ne peut survivre sans des agents qui de part la trahison envers leurs propres valeurs culturelles, puissent le faire vivre. Après tout, c’est via Facebook que le printemps arabe a surgi! Ce qui étonne dans toute cette histoire, c’est la mollesse de la réaction européenne. Hollande et Merkel ont pris l’air offusqué mais qu’est - ce qu’ils ont fait? émettre quelques grognements, un petit texte, une déclaration et puis plus rien du tout!