La Syrie a officiellement soumis jeudi sa demande d'adhésion à l'Organisation pour la l'interdiction des arme chimiques (OIAC), et a promis de se conformer entièrement aux obligations de la convention. Bashar Ja'afari, l'ambassadeur syrien aux Nations Unies, a lié la manoeuvre à une autre demande émise par Damas visant à faire du Moyen-Orient une zone sans armes de destruction massive (ADM) qui mettrait également un terme au programme d'armes nucléaires israélien. Un porte-parole du Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a indiqué dans un communiqué que M. Ban avait reçu une lettre de Damas pour l'informer que "le Président al-Assad avait signé un décret législatif pour faire accéder la Syrie à la Convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'usage des armes chimiques et sur leur destruction signée en 1993". "Dans leur lettre, les autorités syriennes se sont engagés à respecter le obligations de la Convention avant même son entrée en vigueur en Syrie", indique le communiqué. "Le Secrétaire général salue ce nouveau développement, en notant, en tant que dépositaire de la Convention, qu'il appelait depuis longtemps à une adhésion universelle à la Convention sur les armes chimiques", a poursuivi le porte-parole, avant d'ajouter : "Au vu des événements récents, M. Ban espère que les pourparlers en cours à Genève déboucheront rapidement sur un accord sur la voie à suivre qui sera validée et appuyée par la communauté internationale". Plus tôt dans la journée, Farhan Haq, porte-parole adjoint du Secrétaire général de l'ONU, a annoncé que Lakhdar Brahimi, l'émissaire conjoint de la Ligue arabe et des Nations Unies, avait rencontré le Secrétaire d'Etat américain John Kerry et devait s'entretenir avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. MM. Kerry et Lavrov ont démarré la séance de pourparlers sur la Syrie jeudi soir à Genève. En parallèle, l'ambassadeur syrien à l'Onu M. Ja'afari a rencontré la presse au siège de l'ONU jeudi après-midi, affirmant que Damas n'a jamais nié être en possession d'ADM. "Nous avons toujours dit à propos des armes chimiques 'si elles existent'", a-t-il justifié. "Les armes chimiques en Syrie ne sont qu'une mesure de dissuasion contre l'arsenal nucléaire israélien. C'est de la dissuasion". Il a affirmé que la demande d'adhésion à l'OIAC témoignait de la volonté du gouvernement syrien de s'opposer aux ADM, et illustre sa volonté d'"établir au Moyen-Orient une zone sans ADM". "En premier lieu, le plus important c'est que l'arsenal nucléaire israélien devrait être démantelé... Pour que la région soit dénuée de toutes ADM... C'est pourquoi nous avons aujourd'hui joint l'action à la parole", a-t-il ajouté. L'émissaire de Damas a précisé qu'il n'y avait "pas de conditions préalables" à l'adhésion à la Convention sur les armes chimiques, et que la décision syrienne d'y adhérer n'avait "rien de nouveau".