Le président américain Barack Obama a vraiment une dent contre son homologue russe Vladimir Poutine , écrit jeudi le quotidien RBC Daily. Pour la première fois depuis des années, le chef de la Maison blanche a non seulement annulé sa visite en Russie, qui devait se tenir à la veille du sommet du G20, mais n'a pas non plus prévu de s'entretenir en tête-à-tête avec le président russe. Raison officielle : l'octroi de l'asile politique à l'ex-analyste du renseignement américain Edward Snowden. Evidemment, ce n'est qu'un prétexte. Obama est, de manière classique, otage de ses stéréotypes politiques. Il parle constamment de dictature et de violation des droits de l'homme, annule l'amendement Jackson-Vanik mais approuve l'acte Magnitski, et au lieu de la Tchétchénie reproche à la Russie sa position vis-à-vis de la Géorgie et de la Syrie. Il semble pourtant avoir raison sur un point : il n'y a plus de graves problèmes dans les relations bilatérales. Le traité START-3 a été approuvé bon gré mal gré, la Russie a adhéré à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Les chances de s'entendre sur le déploiement du bouclier antimissile (AMB) américain en Europe sont aussi faibles que celles de Moscou et de Tokyo de se partager les Kouriles du Sud à court terme. Evidemment, il existe de nombreux sujets importants plus faciles à discuter : les négociations sur le problème nucléaire iranien au format 5+1 ou les négociations à six sur la Corée du Nord. Mais ces processus sont longs, aucun progrès n'est prévu, et par conséquent ils ne nécessitent pas l'intervention personnelle des présidents. Alors pourquoi faire de la démagogie? Les deux chefs d’Etat ne se parleront donc pas en toute intimité à Saint-Pétersbourg.