L’ancien premier ministre, Saad Hariri, a commenté par un «tweet» le discours du secrétaire général du Hezbollah, sayed Hassan Nasrallah en disant: «Il est bon que le secrétaire général du Hezbollah annonce sa détermination à combattre le terrorisme. Mais nous n’avons pas encore compris pourquoi il avait considéré le camp de Naher-el-Bared comme une ligne rouge. Les armes ayant combattu l’armée n’étaient-elles pas takfiries?» Et Hariri d’ajouter: «Si le Hezbollah veut combattre les groupes takfiris, il doit se concerter avec tous les Libanais. Le terrorisme est toujours le même, quel que soit son visage, mais le Hezbollah interprète le terrorisme selon ses propres intérêts». Il semble que Hariri veut tenir une conférence nationale pour s’entendre sur la définition du terrorisme et sur la signification des factions takfiries. Il veut de même organiser une conférence nationale pour élaborer des mécanismes consensuels relatifs à la confrontation du terrorisme et des groupes takfiris. Effectivement, il nous dit et aux gens tués par ces derniers, qu’ils doivent consentir la mort en attendant la tenue de cette conférence et ses résultats. Hariri a décidé de contester la caractérisation par le Hezbollah des meurtriers, comme étant des takfiris. Supposons que cette approche est théoriquement possible, Hariri veut que Nasrallah obtienne l’approbation écrite de tous les Libanais avant de déclarer la guerre contre ces takfiris. Par la suite, Hariri appelle les institutions étatiques et les services de sécurité, notamment influencés par le Futur (comme la branche des renseignements des FSI), à renoncer à la lutte contre les criminels car cette lutte nécessite un consensus national et une position unanime. La position de Hariri signifie qu’il refuse de porter atteinte aux criminels avant de donner sa bénédiction, basée sur le principe de l’unanimité. S’ajoute à ce fait, sa ligne de conduite sur le terrain; il assure l’environnement propice, le soutien quasi-officiel et le financement à ces groupes. Et tant que la position unanime libanaise n’est pas évidente, il ne serait pas concerné par la lutte contre les groupes takfiris. En d’autres termes, Hariri ne s’intéresse pas pour la mort d’avantage de civils. Il en attribuera la responsabilité au Hezbollah car ce parti n’a pas œuvré en faveur d’une position nationale unanime autour de la lutte contre les takfiris. Hariri interroge Nasrallah sur son attitude à l’égard de ceux qui ont combattu l’armée à Nahr-el-Bared. Supposant que sa question à Nasrallah est justifiée, il oublie un fait: il a adopté cette même attitude. En effet, non seulement il refuse toute atteinte aux meurtriers des militaires dans la Bekaa centrale et du nord, mais aussi il fait tout son possible pour empêcher la poursuite des meurtriers des militaires à Abra. Il pousse ses adjoints (sa tante et ses deux fils) à exercer tout genre de pressions sur le commandement de l’armée pour empêcher l’arrestation des personnes accusées de participer à ces agressions ou pour libérer les détenus dans l’affaire. Pour lui, la priorité est accordée à l’heure actuelle à «liquider les brigades de la résistance à Saida». Hariri tente de nouveau, de considérer le terrorisme exercé par des groupes takfiris libanais ou résidants au Liban, comme une partie de la crise syrienne. Il justifie à ceux-là ce qu’ils comptent faire, sous le prétexte de la vengeance du Hezbollah à cause de sa participation au combat en Syrie. Pourtant, Hariri est sûr et certain, tout comme celui qui lui écrit ses discours, que la présence de ces groupes précédait la crise syrienne, dont le groupuscule de Donnieh, Fath el-Islma et Jund el-Cham, arrivant à tous les groupes extrémistes déployés dans le nord, la Bekaa et dans certaines régions de Beyrouth, de la Montagne et de Saïda. Ces groupes ont perpétré des crimes, plusieurs années avant la crise syrienne. Mais la provocation à la haine confessionnelle exercée jour et nuit par la formation politique de Hariri, a permis à ces groupes de justifier leurs actes récents. Quant à la question de l’unanimité, il serait bon de rappeler à Hariri ce qui suit: -La spoliation des droits des gens dans le centre-ville de Beyrouth et la mise en place de Solidaire, ont-elles eu lieu par une décision libanaise unanime? -La privatisation du secteur de la téléphonie mobile, le détournement de ses recettes et le pillage des projets de construction illusoires, ont-ils eu lieu par une décision nationale unanime? -La politique monétaire et la hausse de l’intérêt sur les dépôts à 48% durant une certaine période, ce qui a assuré à sa formation politique d’énormes richesses, ont-elles été approuvées à l’unanimité par les Libanais? -La guerre déclarée par Hariri contre le régime syrien et son adhésion à l’axe du meurtre regroupant des groupes de ses partisans, passant par la Turquie, les pays du Golfe, l’Europe arrivant aux États-Unis, ont-elles résulté d’une position libanaise unanime? -Les efforts de Hariri en exécution aux ordres du «brave Bandar» pour former un gouvernement qui paralyse le pays, ainsi que ses tentatives pour proroger le mandat du président Michel Sleiman, jouissent-ils du soutien unanime des Libanais? Il est désormais clair que Hariri a perdu tout lien avec la réalité de ce pays. Sa présence à l’étranger n’est pas uniquement physique. Il œuvre selon des calculs et des intérêts étrangers au Liban. Il pousse ses partisans à payer des prix en faveur des projets de ses références dans le royaume de la tyrannie et dans l’occident. Sur ce, rien d’autre n’est prévu de sa part. Quant à la résistance, elle est concernée par la protection de son milieu populaire, là où l’État renonce à ses responsabilités ou s’il ne serait pas en mesure de remplir ses obligations. C’est le devoir de la résistance. Elle doit l’accomplir.