La tournure que prenaient les événements en Egypte après l’élection de Mohamed Morsi, a amené l’armée à prendre le pouvoir par un coup d’état. A l’appel des Frères musulmans, les manifestants pro-Morsi sont descendus dans la rue et se sont regroupés place Tahrir au Caire, pour réclamer le retour du président déchu, emprisonné par l’armée le 3 juillet 2013. Depuis cette date, les tensions se sont intensifiées entre d’une part, les pro et les anti-Morsi et d’autre part, entre les pro-Morsi et les forces de l'ordre. Selon le ministère égyptien de la Santé, 525 personnes ont été tuées et 3 600 blessées suite aux violences perpétrées. Cependant, les Frères musulmans avancent un chiffre plus élevé : ils comptent 2 200 personnes tuées et plus de 10 000 blessés, suite à la répression policière. L'intervention des forces de l'ordre a suscité l'indignation de la communauté internationale, qui condamne le massacre et le recours lamentable à la force. En Egypte, alors que la population était massivement descendue dans les rues fin juillet, afin d’autoriser l’armée d'en finir avec le « terrorisme », en référence aux milliers de manifestants pro-Morsi qui occupaient deux places du Caire depuis un mois et demi, nombreux sont ceux qui se désolidarisent de l'opération meurtrière. C’est le cas du grand imam d'al-Azhar, Ahmed al-Tayeb, principale autorité religieuse d'Egypte qui, le 10 août, a condamné la mort de dizaines de manifestants partisans du président déchu Mohamed Morsi, tués lors de heurts avec la police. Le vice-président Mohamed el-Baradei, prix Nobel de la paix, qui avait apporté sa caution au coup de force des militaires a présenté sa démission le 14 août, refusant « d'assumer les conséquences de décisions avec lesquelles il n'est pas d'accord ». Le Parti Anti Sioniste qualifie d’intolérable la violente répression qui sévit en Egypte. Il réitère son appel au dialogue et encourage les différentes composantes de la société égyptienne, notamment les religieux, à appeler au calme afin d’éviter davantage de pertes humaines qui ne profitent qu’aux ennemis du peuple égyptien et aux ennemis de l’Islam.