Les forces de sécurité ont évacué hier matin les camps installés par les Frères musulmans qui exigent le retour au pouvoir du président déchu par le peuple. Un couvre-feu allant de 19h à 6h est instauré au Caire et dans d’autres provinces pendant la durée de l'état d'urgence. Le ministère de l’Intérieur égyptien, qui avait annoncé le démantèlement imminent des camps de contestation des islamistes sur les places Rabaa al-Adawiya et Al-Nahda, est passé à l’acte hier en les évacuant par la force. À signaler la grande polémique sur le nombre de victimes et de blessés qui varie de 149, selon le ministère de la Santé égyptien, à plus de 500, d’après les Frères musulmans. Il était très difficile d’obtenir les chiffre réels tant les informations étaient contradictoires. Officiellement, le ministère égyptien de la Santé a annoncé que 149 personnes ont été tuées dans toute l’Égypte après la mise en exécution du plan des forces de l'ordre égyptiennes pour disperser les manifestants sur les places Rabaâ al-Adawiya et Al-Nahda. La page Internet du Parti pour la liberté et la justice (PLJ), aile politique de la confrérie islamiste, a déploré la mort de 500 personnes et des milliers d'autres blessées au moment où l'on avance sur l'estrade de Rabaâ al-Adawiya la mort de 350 personnes. Une source sécuritaire avait souligné peu auparavant que les forces de l'ordre sont parvenues à déloger totalement les manifestants de la place Al-Nahda (Gizeh) alors que des pro-Morsi tentaient de manifester à travers différentes régions du pays. Les partisans des Frères musulmans tentaient de se rassembler sur différentes places de la capitale égyptienne et à Gizeh au moment où des heurts sporadiques avaient lieu dans plusieurs régions d'Al-Abassiya, Ramsès, Roxy, Al-Haram et alentours du Caire. En représailles à la dispersion, les manifestants se sont déployés dans plusieurs gouvernorats et régions d'Égypte dont Alexandrie, Assouan, Fayoum, Hélouan et Suez où des appels ont été lancés, avec des hauts-parleurs dans les mosquées, pour sortir dans la rue. D'autre part, une source sécuritaire responsable a affirmé que les services de sécurité ont intercepté des instructions données par les dirigeants des Frères musulmans à leurs cadres pour mener des attaques contre les postes et commissariats de police, ajoutant que le plan a d'ores et déjà été mis en exécution dans certains gouvernorats, dont le Caire, Béni Souif, Menieh et Assiout. Le ministère de l'Intérieur égyptien a mis en garde contre tout acte de violence contre les structures sécuritaires ou gouvernementales. Dans le même cadre, les autorités égyptiennes ont décidé la fermeture des routes principales menant au Caire et d'arrêter le trafic ferroviaire dans le cadre d'un plan de dispersion des partisans de l'ancien président Mohamed Morsi ficelé par le ministère de l'Intérieur. Les services de sécurité ont procédé également à l'arrestation de près de 200 personnes parmi les pro-Morsi sur les places Rabaâ al-Adawiya et Al-Nahda qui étaient en possession d'armes à feu et armes blanches. Des images de chaînes de télévision égyptiennes, qui couvraient l’événement en direct, ont montré des armes à feu et des munitions récupérées sur des manifestants islamistes arrêtés lors de l’opération de démantèlement. Sur le plan politique, le vice-président Mohamed El-Baradeï a adressé sa démission au chef de l'État par intérim, Adly Mansour, dans laquelle il explique son choix. “Il m'est devenu difficile de continuer à assumer la responsabilité de décisions avec lesquelles je ne suis pas d'accord.” Enfin, un couvre-feu est instauré au Caire et dans les provinces d'Alexandrie, Suez, Guizeh, Béni Sueif, Minya, Assiout, Sohag, Beheira, du Nord et du Sud-Sinaï et Ismaïlia, selon l'AFP. Il prend effet de 19h à 6h, pour la durée de l'état d'urgence.