Washington a averti que des attentats contre des établissements américains à l'étranger pourraient avoir lieu au mois d'août, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, écrit lundi 5 août le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Le département d'Etat a invité les Américains à se préparer à d'éventuels attentats et a ordonné de fermer l'entrée des missions diplomatiques dans 21 pays musulmans. La plus grande menace émane du Yémen. Les ambassades du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne ont suspendu leur travail dans ce pays. L'alerte actuelle fait suite à l'annonce par le président américain Barack Obama disant que la guerre contre le terrorisme était pratiquement achevée. Les Etats-Unis ont annoncé un état d'alerte mondial pour les voyageurs américains. Al-Qaïda a probablement planifié des attentats en août. Le risque est notamment élevé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, précise l'avertissement. A la suite de la publication de cet avertissement, des hauts fonctionnaires de l'administration se sont réunis à la Maison blanche, dont notamment le secrétaire d'Etat John Kerry, le secrétaire à la Défense Chuck Hagel et la conseillère du président pour la sécurité nationale Susan Rice. Dans une interview accordée à la chaîne NBC, le président du Comité des chefs d'état-major Martin Dempsey a déclaré que les renseignements sur la menace étaient plus précis qu'auparavant. Selon lui, on s'attend à des attentats non seulement contre les "intérêts américains, mais aussi l'Occident en général". C'est la raison pour laquelle Washington a ordonné la fermeture d'accès aux visiteurs dans 21 ambassades et consulats dans les pays musulmans. Les restrictions concernent les missions diplomatiques dans les pays qui s'étendent de la Mauritanie en Afrique jusqu'au Bangladesh, en Asie du Sud. L'état d'alerte restera en vigueur jusqu'au 31 août. D'après les dirigeants américains, le plus dangereux foyer de la menace terroriste se trouve au Yémen. Pour cette raison, outre les USA, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne ferment également leurs missions diplomatiques dans ce pays. Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) a déjà mené plusieurs opérations contre les Etats-Unis, rappelle l'agence Associated Press. En 2009, elle avait tenté de faire exploser un avion à Détroit, et en 2010, elle tentait d'envoyer des explosifs aux Etats-Unis dans des colis par avion. Londres a annoncé que les citoyens britanniques au Yémen qui souhaiteraient y rester en dépit des troubles croissants pourraient difficilement compter sur une évacuation. Vendredi dernier, les soldats de l'unité d'élite yéménite se sont insurgés et ont tenté de prendre d'assaut le palais présidentiel, a rapporté le Financial Times. Les signaux de danger annoncés par Washington ont été confirmés par Interpol. L'Organisation internationale basée en France a prévenu 190 états qui font partie de cette structure que le risque s'était renforcé. Ses analystes relient l'activité accrue des groupes terroristes à la récente fuite de centaines de détenus des prisons en Libye, en Irak et au Pakistan. La Maison blanche a dû prendre des mesures d'urgence pour protéger ses citoyens à l'étranger sur fond de polémique dans le pays autour de la surveillance totale menée par la NSA et d'autres services de renseignement. Certains Américains approuvent l'acte d'Edward Snowden qui a dénoncé les abus des forces de sécurité. Barack Obama a tenté de rassurer cette partie de la population. Lors d'un discours à National Defense University il a laissé entendre qu'il était temps de réduire l'ampleur de la surveillance. Selon Obama, celui qui mène une guerre éternelle pourrait lui-même s'infliger une défaite. "Aucun état ne peut préserver sa liberté quand la guerre se prolonge." Il a également déclaré que le risque terroriste pour les Américains s'était réduit au niveau précédant les attentats du 11 septembre 2001. Suite à cette déclaration, beaucoup de commentateurs se sont hâtés de conclure que les USA avaient pratiquement terminé la guerre contre le terrorisme. Et voilà qu'il s'avère que ce combat est loin d'être fini.