Dans un rapport dont «Le Monde» a obtenu copie, le Haut conseil à l'intégration (HCI) s'alarme des atteintes portées à la laïcité dans l'enseignement supérieur. Et recommande l'interdiction du port du voile islamique durant les cours. Dans un récent document remis à l'Observatoire de la laïcité, le Haut conseil à l'intégration (HCI) s'alarme des atteintes, de plus en plus nombreuses, portées à l'encontre de la neutralité religieuse dans les universités françaises, rapporte «Le Monde», qui a obtenu copie des travaux, dirigés par l'inspecteur général de l'Éducation nationale, Alain Seksig. Les rapporteurs y pointent «de nombreux contentieux intervenus dans tous les secteurs de la vie universitaire», qui vont «des demandes de dérogation pour justifier une absence, au port de signes d'appartenance religieuse, à des actes de prosélytisme, à la récusation de la mixité tant au niveau des étudiants que des enseignants, à la contestation du contenu des enseignements, à l'exigence de respect des interdits alimentaires, à l'octroi de lieux de culte ou de locaux de réunion à usage communautaire...» Face à ces points de tension, dont la Conférence des présidents d'université (CPU) s'étaient déjà fait l'écho en 2004, le HCI formule 12 recommandations, parmi lesquelles l'interdiction «dans les salles de cours, lieux et situations d'enseignement et de recherche des établissements publics d'enseignement supérieur, [d]es signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse». Une proposition qui vise, notamment, le port du voile islamique. Depuis la loi de mars 2004, le port de signes religieux ostensibles est interdit dans l'enceinte des écoles, collèges et lycées mais pas dans les universités. Cette disposition, selon le HCI, a contribué à diminuer les tensions dans le secondaire. L'ensemble des travaux menés par la mission «laïcité» du HCI devrait être publié cet automne dans le rapport annuel de l'instance. Mais, comme l'indique «Le Monde», rien n'indique que l'Observatoire de la laïcité, par souci d'apaisement, ne reprenne à son compte ces recommandations portant sur un sujet hautement sensible.