INTERVIEW - Camille Lacourt, double médaillé d ' or en un soir à Barcelone, revient sur sa folle journée.
Feu d’artifice dimanche pour la dernière soirée des championnats du monde. A la peine depuis trois jours, la France a transformé un bilan moyen en moisson d’exception. Camille Lacourt(or) et Jérémy Stravius(argent) ont d’abord réussi un fantastique doublé sur ۵۰ m dos. Une heure et demi plus tard, les siamois bleus(déjà co - champions du monde sur ۱۰۰ m dos en ۲۰۱۱) ont ensuite replongé avec le relais ٤x۱۰۰ m ٤ nages. Lacourt sur le dos et le polyvalent Stravius en papillonneur ont accompagné Giacomo Perez Dortona(brasse) et Fabien Gilot(crawl) pour la plus belle et la plus incroyable des médailles d’or à Barcelone. Jamais un titre mondial n’avait en effet échappé à l’Australie ou aux Etats - Unis, d’ailleurs confortables vainqueurs de la finale avant d’être disqualifiés pour un mauvais passage de relais. Fatal Picard, Stravius boucle sa semaine catalane avec quatre médailles, après l’or du ٤x۱۰۰ m et le bronze du ۱۰۰ m dos. Lacourt, le beau gosse marseillais, réussit une première pour un nageur français: deux titres en une journée! Il revient enfin au plus haut niveau après son échec aux Jeux de Londres(٤e) et une saison à pouponner. Il va maintenant se consacrer à son prochain mariage avec Valérie Buègue. Avant cela, la fête promet d’être doublement intense à Barcelone, où il avait d’ors et déjà prévu de rester quelques jours pour enterrer sa vie de garçon avec ses copains du Cercle des nageurs de Marseille. Premières confidences avant de filer au contrôle antidopage.Deux médailles d’or en une journée, cela fait quoi?C’est difficile de comparer et de hiérarchiser Mais une après - midi comme ça, c’est magique. C’est pour ça qu’on fait du sport Cela s’est passé encore mieux qu’on l’espérait. Finir sur cette médaille d’or avec les potes…En tant que premier relayeur, comment avez - vous vécu le reste de la course?Comme un spectateur, comme tous les Français dans les tribunes ou devant leur télé, avec beaucoup de stress et d’émotion. Je n’ai pas bien vu le relais de Giaco(Perez Dortola)car j’ai un peu galéré à sortir de l’eau et j’étais un peu mort. Après, Jérémy Stravius fait un très, très bon ۱۰۰ pap, puis Fabien(Gilot)a encore montré qu’il avait un cœur énorme. Ce n’est que du bonheur!Et votre ۵۰ m victorieux?Un grand moment de joie. Je me sens plus à l’aise sur cette distance, c’est du sprint pur. Je savais que j’en étais capable, il fallait le faire. J’ai su que j’avais gagné dès que j’ai touché. Je me suis régalé. Avec le public français qui pousse, c’était génial.Vous vouliez montrer que vous êtes toujours là?C’est certain. J’ai toujours ce regret du ۱۰۰ m(۵e). Je pense que je vaux mieux que ça. Je suis très content de finir la semaine comme ça, très fort.Vous avez semblé ému sur le podium…J’ai pourtant essayé de ne pas mettre trop d’émotion. Mais quand vous entendez tous les gradins chanterla Marseillaise, c’est fort. Je me suis posé des questions que je ne m’étais jamais posé, c’est bizarre. C’est lié au retour, au fait de gagner à nouveau un titre. C’était un grand bonheur personnel.Comment allez - vous fêter cette grande journée?Je ne sais pas. Mais ça va être du grand n’importe quoi ce soir.