Prenant très au sérieux les nouvelles menaces d’Al-Qaïda, le président américain a réuni vendredi son équipe chargée de la sécurité nationale. “Toutes les mesures nécessaires pour protéger les Américains” ont été prises. Malgré les rudes coups qu’ils ont portés à la mouvance terroriste Al-Qaïda, en tuant notamment son chef historique Oussama Ben Laden, les Américains demeurent toujours sur leurs gardes. En effet, particulièrement attentifs à la sécurité de leurs ambassades à l'étranger depuis l'attaque contre le consulat américain de Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012, au cours de laquelle l'ambassadeur américain et trois de ses collaborateurs avaient été tués, les États-Unis ne négligent plus rien quand il s’agit de sécurité de leurs représentations, comme c’est le cas avec ces nouvelles menaces d’Al-Qaïda. Après avoir pris la décision dans un premier temps, de fermer pour raisons de sécurité une vingtaine d'ambassades aujourd’hui, les États-Unis ont mis en garde vendredi contre des menaces d'attentats qu'Al-Qaïda pourrait perpétrer en août, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Le président américain a réuni par la suite le conseil national de sécurité, auquel il a ordonné de prendre “toutes les mesures nécessaires pour protéger les Américains”. C’est ce qu’a indiqué un responsable de la Maison Blanche s'exprimant sous couvert d'anonymat, tout en précisant que Barack Obama était “tenu au courant d'une menace potentielle (d'attentat) qui se déroulerait dans la péninsule arabique ou en émanerait”, et qu’il “continuera à être tenu au courant régulièrement” des développements dans ce dossier. Il y a lieu de rappeler que depuis l'attentat de Lockerbie contre le vol 103 de la Pan Am, qui avait coûté la vie à 270 personnes en 1988, le gouvernement américain est obligé, dans le domaine de la sécurité, de partager avec l'ensemble des Américains toute information qu'il fournirait à ses propres employés. Ceci étant, l'administration américaine étudiera au-delà de cette date, l'éventuelle réouverture des représentations diplomatiques qui auront été fermées, a poursuivi la porte-parole : “Il est possible qu'il y ait aussi plusieurs jours de fermeture”. À Washington, les élus du Congrès ont reçu des rapports concernant les menaces : “Il est permis de penser que ces menaces sont sérieuses”, a jugé la chef démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. Par ailleurs, le Foreign Office a annoncé vendredi que l'ambassade de Grande-Bretagne au Yémen serait fermée aujourd’hui et demain, invoquant des raisons de sécurité. “Nous avons retiré un certain nombre de membres du personnel (de l'ambassade) de Sanaâ, en raison de préoccupations accrues sur la sécurité”, a expliqué un porte-parole. “Nous sommes particulièrement préoccupés par la situation de la sécurité dans les derniers jours du Ramadhan et pour (la fête musulmane de) l'Aïd”, a-t-il ajouté. Idem pour l’Allemagne, qui a annoncé que son ambassade au Yémen restera fermée aujourd’hui et demain “pour des raisons de sécurité”. Un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères a déclaré hier : “l’ambassade d'Allemagne à Sanaâ restera fermée demain et après-demain pour des raisons de sécurité”.