En plein mois de Ramadan, les musulmans de Clamart, dans les Hauts-de-Seine, pourraient se retrouver prochainement sans salle de prière. Le préfabriqué de 200 m² qu'ils occupent actuellement devrait bientôt être détruit car le terrain où il se trouve appartient désormais à un gestionnaire immobilier qui a l'intention d'y construire des logements. Depuis neuf ans, l'Association des Musulmans de Clamart (AMC) bénéficiait de ce local « à titre gracieux » après avoir « signé une convention avec la mairie ». Cette convention, qui a pris fin en 2009, était « reconduite tacitement chaque année », nous explique Kamal Chemini, le président de l'AMC. Mais le gestionnaire immobilier « réclame » à présent son terrain et « le tribunal a tranché » en sa faveur. Le Tribunal de grande instance de Nanterre a ainsi ordonné l’expulsion des lieux par une décision officiellement notifiée à l'association par un huissier le 22 juillet 2013. L'AMC réfléchit à déposer un recours judiciaire. Elle a jusqu'au 22 août pour le faire. Pour l'heure, les regards se tournent vers la future mosquée. L'AMC a en effet lancé le projet d'un grand centre culturel musulman à Clamart comportant deux salles de prière, des salles de classe pour l'école coranique et même des commerces. « Le gros œuvre est terminé », indique M. Chemini, ingénieur en travaux dans la vie. Mais alors que les fidèles clamartois se trouveront bientôt sans salle de prière, l'urgence est de mise à présent pour terminer les travaux de ce centre de 1 500m² commencés en avril 2012 . « Nous avons acheté le terrain au prix du marché à 900 000 € sans aucune aide » précise M. Chemini, qui ajoute que les dons amassés proviennent uniquement de donateurs français. Pour avancer sur ce projet d'un coût total de 3,5 millions d'euros pour lequel il lui manque encore 1,5 millions d'euros, l'AMC vient de lancer une opération de collecte. L'idée est de trouver 750 personnes capables de réunir chacune 1 000 € soit un total de 750 000 €, une somme qui permettra de réaliser la construction des espaces dédiés à la prière. Cet argent doit être collecté jusqu'au jour symbolique d' Arafat, précédent l'Aïd al-Kébir, qui tombe cette année le 14 octobre. 400 personnes se sont déjà engagées. Face à l'urgence, la mobilisation du plus grand nombre est attendue.