Londres - Le laboratoire britannique GlaxoSmithKline, visé par une enquête pour corruption en Chine, a admis lundi que certains de ses dirigeants semblent avoir enfreint la loi du pays, tandis que son concurrent AstraZeneca a annoncé avoir reçu la visite de la police à Shanghai. «Certains de nos dirigeants de GSK Chine, qui connaissent bien notre façon de fonctionner, semblent avoir agi en dehors de nos processus et contrôles, d'une façon qui enfreint la loi chinoise», a déclaré Abbas Hussain, directeur international de GSK pour l'Europe, le Japon, les pays émergents et l'Asie. «Nous avons une tolérance zéro pour ce genre de comportements», a-t-il ajouté, à l'issue d'une rencontre avec des représentants du ministère chinois de la Sécurité publique. Les autorités chinoises avaient annoncé début juillet avoir ouvert une enquête contre GSK, accusé d'avoir versé des pots-de-vins ces dernières années à des fonctionnaires, des firmes du secteur pharmaceutique, ainsi qu'à des hôpitaux et des médecins pour doper les ventes de ses produits en Chine. Près de 500 millions de dollars auraient été versés en pots-de-vins, par l'intermédiaire d'agences de voyages et de projets de sponsoring, selon la police. AstraZeneca, l'autre grand laboratoire pharmaceutique britannique, a annoncé peu après «avoir reçu la visite du Bureau de la sécurité publique du district de Huangpu à Shanghai concernant une question d'ordre policier local visant un représentant commercial». «Nous pensons que cette enquête relève d'un cas individuel et, bien que nous n'ayons pas encore reçu de nouvelles de la part du Bureau de la sécurité publique, nous n'avons pas de raison de penser que cela est lié à une quelconque autre enquête», a ajouté le groupe dans un communiqué. Sans préciser ce qui pourrait lui être reproché, AstraZeneca a encore assuré agir avec «intégrité» et ne pas tolérer «des conduites illégales ou non-éthiques». GSK affirme aussi de son côté soutenir les autorités chinoises dans sa lutte contre la corruption et «prendra toutes les mesures nécessaires», a encore assuré M. Hussain. Il a également promis de revoir la façon dont le groupe fait des affaires dans le pays, ce qui devrait se traduire par une baisse du prix des médicaments. «Les économies réalisées par les changements envisagés de notre modèle opérationnel se traduiront par des réductions de prix, assurant ainsi que nos produits sont plus abordables pour les patients chinois», a déclaré le responsable, cité dans un communiqué de GSK. Le gouvernement chinois a auparavant fermement enjoint GSK de «collaborer entièrement» à l'enquête dont il fait l'objet dans le pays.