Ambassade iranienne au YémenUn diplomate de l'ambassade d'Iran au Yémen a été enlevé dimanche à Sanaa par des hommes armés, un rapt dont les services de sécurité yéménites soupçonnent Al-Qaïda d'être responsable. Selon une source au sein des services de sécurité, l'homme avait été "conduit vers une destination inconnue". Téhéran a confirmé le rapt et l'a condamné comme "un acte inhumain", pressant les autorités yéménites d'agir pour le libérer. "Nous avons été informés ce matin qu'un de nos employés à l'ambassade d'Iran au Yémen a été enlevé par un groupe inconnu. Cette personne est iranienne", a déclaré à l'agence Isna le porte-parole de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, précisant que la victime s'appelle Nour-Ahmad Nikbakht. "Nous n'avons aucune information sur les auteurs de l'enlèvement", a indiqué à Isna une source au sein de l'ambassade iranienne, indiquant qu'"un témoin de l'enlèvement a alerté l'ambassade". L'Iran "condamne cet acte inhumain et appelle le gouvernement yéménite à prendre des mesures sérieuses pour faire libérer le diplomate", ont rapporté les médias officiels iraniens, citant une conversation entre le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akbar Salehi, et son homologue yéménite, Abou Bakr al-Kirbi. Le chargé d'affaires yéménite à Téhéran a été pour sa part convoqué au ministère des Affaires étrangères à Téhéran et l'Iran lui a signifié "sa grande inquiétude sur le sort de son diplomate", selon les médias iraniens. Un officier des services de sécurité yéménite a évoqué la piste d'Al-Qaïda dans ce rapt. "Les services de sécurité ont des soupçons qu'Al-Qaïda soit derrière l'enlèvement", a-t-il déclaré à l'AFP. Le Yémen est le théâtre de fréquents enlèvements d'étrangers. Des centaines de personnes ont été enlevées ces quinze dernières années mais elles ont en grande majorité été libérées saines et sauves, la plupart en échange de rançons. Mais un couple de Hollandais, dont une femme journaliste, sont toujours retenus par leurs ravisseurs, plus d'un mois après leur enlèvement dans le même quartier de Hadda où a été kidnappé l'Iranien. En outre, un couple sud-africain enlevé le 27 mai à Taëz (sud-ouest) est aux mains du réseau Al-Qaïda, actif au Yémen, avait indiqué le 6 juin un haut responsable des services de sécurité, tout comme un diplomate saoudien, Abdallah al-Khalidi, vice-consul à Aden, enlevé le 28 mars 2012 dans ce ville du sud du Yémen et toujours retenu par Al-Qaïda.