Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a mis en garde vendredi un groupe kurde qui s'est emparé d'une localité syrienne situé à la frontière turque contre toute velléité autonomiste et les "graves risques" qu'il peut engendrer. "Les risques que peuvent faire naître les fait accomplis sont très graves", a-t-il dit lors d'une conférence de presse avec Evangélos Vénizélos, ministre des Affaires Etrangères et vice-président du gouvernement grec, en visite de travail à Ankara. Le ministre turc a estimé que toute volonté autonomiste des combattant kurdes du Parti de l'union démocratique (PYD), considéré comme la branche syrienne des rebelles kurdes de Turquie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui contrôlent désormais Ras Al-Aïn, juste en face de la Turquie, "aura pour effet d'envenimer les combats, et d'approfondir la situation intenable en Syrie". M. Davutoglu a aussi adressé une mise en garde aux différentes factions (Kurdes, jihadistes, rebelles) à ne pas exporter leurs combats en territoire turc. Un Turc de 17 ans a perdu la vie mercredi par une balle perdue dans la localité de Ceylanpinar, poussant l'armée turque à riposter. Jeudi un autre Turc, âgé de 19 ans, a été touché au dos de la même façon dans cette localité situé en face de Ras Al-Aïn. "La Turquie continuera de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection de sa frontières" longue de 800 km avec la Syrie, a-t-il ajouté. La Turquie a rompu avec le régime syrien du président Bachar al-Assad et accueille sur son sol quelque 500.000 réfugiés qui ont fui les combats depuis mars 2011. Le gouvernement turc a entamé récemment des discussions avec le leader emprisonné du PKK Abdullah Ocalan en vue de mettre fin à l'insurrection autonomiste du PKK qui a fait des milliers de morts depuis 1984.