Un tribunal koweïtien a condamné lundi 10 juin une femme à onze ans de prison pour des propos sur Twitter jugés «insultants» envers l'émir et appelant à «renverser le régime», selonune copie du jugement et un militant. Houda Al - Ajmi a été reconnue coupable de trois chefs d ' accusation: insulte envers l ' émir, appel à renverser le régime et mauvaise utilisation de son téléphone portable, selon le jugement rendu par le tribunal et confirmé par le directeur de l ' Association koweïtienne des droits de l ' homme, Mohammed Al - Humaïdi, sur son compte Twitter. Mme Ajmi a rejeté ces accusations. En vertu de la loi, elle peut se pourvoir en appel, puis en cassation contre ce verdict de première instance. Elle a reçu cinq ans de prison pour chacune des deux premières accusations et à un an pour la troisième, soit la plus lourde peine de prison prononcée par un tribunal koweïtien dans ce genre d ' affaire depuis que le gouvernement a lancé en octobre une campagne de répression contre les militants en ligne.De nombreux opposants ou cyberactivistes condamnésEn vertu du jugement, Mme Ajmi devait commencer à purger sa peine immédiatement. Il s ' agit de la première femme au Koweït à être emprisonnée pour des propos sur Twitter. Auparavant, la justice koweïtienne avait condamné deux militantes, poursuivies pour des propos sur Twitter, à des peines de prison plus légères et dont l ' application avait été suspendue. De nombreux opposants ou cyberactivistes koweïtiens avaient été condamnés à la prison pour des propos jugés " diffamatoires " à l ' égard de l ' émir de cette riche monarchie pétrolière, en infraction à la Constitution. Début avril, une figure de l ' opposition, l ' ancien député Mussallam Al - Barrak, avait écopé de cinq ans de prison ferme pour la même accusation, une condamnation qui a provoqué des manifestations de ses partisans et des critiques d ' organisations internationales de défense des droits de l ' homme. L ' émirat a été le théâtre ces derniers mois de manifestations contre un amendement de la loi électorale, contesté par des groupes d ' opposition. La Cour constitutionnelle, dont les décisions sont sans appel, doit rendre le ۱٦ juin une décision sur cet amendement controversé. Première monarchie du Golfe à s ' être dotée d ' un Parlement élu en ۱۹٦۲, le Koweït est secoué par des crises politiques à répétition. Il a connu depuis la mi - ۲۰۰٦ dix gouvernements alors que le Parlement a été dissous à six reprises.Source: agences