Un nouveau recul de nombre de personnes inscrites fin novembre à Pôle emploi, dont le nombre sera annoncé jeudi à 18h, permettrait à François Hollande, qui s'est engagé à inverser la courbe du chômage, de clore l'année sur un bon point. En martelant depuis plus d'un an son engagement de faire refluer le chômage à partir de la fin d'année, François Hollande a suscité une forte attente, renforcée par le bon chiffre du mois dernier. Alors que sa cote de popularité remonte très légèrement dans les sondages, un échec fragiliserait le président ainsi que le gouvernement, à l'approche des élections municipales. Toutefois, le chef de l'Etat affirme depuis plusieurs semaines que "l'inversion de la courbe du chômage a commencé". Une façon de faire baisser la pression. Le président, qui "n'oublie pas que plus de 3.270.000 personnes restent inscrites à Pôle emploi", un chiffre proche du record absolu (3,29 millions), peut se féliciter de la baisse constatée pour les jeunes depuis six mois. Mais la situation s'est aggravée pour les seniors et les chômeurs de longue durée. Et si l'on inclut les demandeurs d'emploi exerçant une activité réduite, la tendance reste fortement négative (39.600 inscrits de plus en octobre, 4,88 millions au total). Cela fait dire au numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, qu'il n'y a pas d'inversion de la courbe du chômage et que "la précarité continue de flamber". Faire baisser dans la durée le chômage reste le défi des mois à venir. "Deux exigences nous attendent" en 2014, a expliqué lundi le chef de l'Etat lors du conseil des ministres : "celle de faire reculer durablement le chômage" et "celle de renouer durablement avec la croissance". L'Insee pessimiste La croissance reste la clé d'une baisse durable du nombre de demandeurs d'emplois. Pour y arriver, le gouvernement mise sur sa politique de soutien public à l'emploi (contrats aidés et emplois d'avenir) et l'effet du crédit impôt compétitivité. "Avec les emplois aidés qui vont être très concentrés sur la fin de l'année", il est "possible pendant quelques mois de stabiliser le chômage ou d'avoir une très légère baisse", souligne Marion Cochard, économiste à l'OFCE. Mais vu la faiblesse de la croissance, "pour avoir une vraie tendance à la baisse durable du chômage, il faudrait plus d'emplois aidés et surtout, il faudrait continuer à ce rythme tout au long de 2014, ce qui n'est pas prévu", note-t-elle. Les chiffres de décembre attendus fin janvier Confiant mais prudent, le ministre du Travail Michel Sapin a prédit que "le nombre des chômeurs continuera à diminuer dans les mois qui viennent" même s'il y a des mois "où ça repartira un peu à la hausse". Selon le ministre, il faudra attendre début 2014 pour juger l'engagement présidentiel: les chiffres de jeudi ne sont "pas les derniers" de l'année, ceux de décembre étant attendus fin janvier. La parution en mars prochain du taux de chômage au quatrième trimestre, calculé par l'Insee, sera aussi déterminante. Les économistes privilégient en général cet indicateur. Dans ses dernières prévisions, l'Insee ne partage pas l'optimisme officiel. Pour l'Insee, la croissance sera trop poussive dans les mois à venir pour faire refluer vraiment le chômage.