Le premier drone à avoir été conçu et fabriqué dans un pays africain vient d’être présenté officiellement par le Président du Nigéria, Goodluck Jonathan, au cours d’une cérémonie organisée sur la base aérienne de Mando à Kaduna. Il s’agit d’un moment historique pour le Nigéria, pays d’Afrique de l’Ouest, le plus peuplé de son continent avec plus de 170 millions d’habitants. GULMA est un pur produit nigérian, fabriqué par l’Armée de l’Air, la NAF, en collaboration avec des institutions locales. Gulma signifie « rumeurs » en langue Haoussa, un clin d’oeil à ce pourquoi il a été fait : surveiller depuis les airs. Le drone sera utilisé à des fins de renseignement, de surveillance et de reconnaissance. Outre des applications militaires, le Nigéria compte l’utiliser pour des applications dans le civil : des missions de sauvetage des suites d’une catastrophe, d’inspection des lignes électriques, de cartographie aérienne ou pour les prévisions météorologiques. A travers cette avancée technologique, c’est tout un peuple qui peut être fier de ses hommes et au Président nigérian de s’exprimer : "Compte tenu de l’impact de ses avantages et de sa polyvalence je ne peux dire combien je suis fier des hommes et des femmes de nos forces Armées". Ce lancement marque un tournant dans le domaine des technologies au Nigéria, tous secteurs confondus. Pourtant, le Nigéria avait mal début avec les drones. En 2005, le pays achète, sur fond de corruption, trois drones Aerostar à l’israélien Aeronautics Defense Systems pour 240 millions USD (soit trois fois le prix réel environ), qu’il ne pourra jamais utiliser car l’entreprise a livré des produits non fonctionnels. Etrange… La page est tournée maintenant. Une source proche du Ministère de la Défense a déclaré que le drone nigérian Gulma pourrait être prochainement déployé au-dessus de la zone où sévit encore la secte islamiste Boko Haram.