Près de 80% des femmes estiment être victimes de sexisme dans l'entreprise. Des petites phrases désobligeantes à une véritable discrimination. Un rapport rendu public ce mardi par le ministère des Droits des femmes révèle l'étendue du phénomène. Les années passent, mais les discriminations demeurent. L’égalité entre hommes et femmes est loin d’être gagnée au travail, selon les résultats d’une étude menée par le ministère des Droits des femmes. Plus inquiétant encore, le sexisme y est encore prégnant. Comme une évidence…près de 80 % des femmes considèrent qu’elles sont régulièrement confrontées à des attitudes et des décisions sexistes. Les hommes, eux, sont moins unanimes sur la question. Ils sont seulement 56 % à estimer que ce constat est juste. Pourtant, au quotidien, les attitudes sexistes subsistent. « Ne fais pas ta blonde », « C’est quoi cette Barbie qui vient d’arriver dans le service ? », « Elle ne sait pas grand-chose à part se vernir les ongles »,…autant de remarques, qui au quotidien, sont loin de favoriser une vie professionnelle épanouie. Plus de 40 % des salariées ont déjà entendu ce type de « compliments » sur leur tenue ou leur physique, qui les ont mises mal à l’aise. Pire encore, plus d’une femme sur deux, dit avoir été affectée par ce type de déclaration…« Cette mise en évidence du sexisme en entreprise,(…) entraîne un jugement sur l’intelligence, les comportements et les aptitudes, de la part des femmes comme des hommes mais à un degré moindre pour ces derniers », constatent les auteurs du sondage, réalisé auprès de 15 000 salariés de neuf grandes entreprises françaises. En conséquence, près de 9 femmes sur dix se retrouvent un jour ou l'autre, confrontées au plafond de verre, et pensent qu’il est plus facile pour un homme « de faire carrière ». Contraste terrible…chez les hommes, seul un sur sept a déjà eu ce sentiment... Moins augmentées, moins promues, moins embauchées ou formées que leurs collègues masculins...les femmes n’hésitent pas à confesser que leur sexe a déjà été un frein professionnel. Et lorsque le simple fait d’être une femme n’est pas leur seul « défaut », c’est la maternité qui vient jouer les trouble-fêtes. Huit femmes sur dix ont déjà entendu dire que la maternité constituait un frein pour la carrière, alors que seuls six hommes sur dix partagent le même constat.