François Hollande a salué aux Invalides, lundi 16 décembre, le « sacrifice » des deux soldats français tués en République centrafricaine (RCA). Elevés au rang de caporaux et faits chevaliers de la Légion d'honneur à titre posthume, Nicolas Vokaer et Antoine Le Quinio étaient âgés respectivement de 23 et 22 ans quand ils ont trouvé la mort le 9 décembre, quelques heures après le début de l'opération de désarmement de groupes armés dans la capitale Bangui. Les deux soldats avaient été déployés à Bangui dès le 5 décembre, au soir même du déclenchement par la France de l'opération militaire Sangaris, visant à rétablir la sécurité en RCA. « AU BOUT DE LEUR DEVOIR » Les cercueils de deux soldats, recouverts du drapeau tricolore, ont été portés lundi jusqu'au centre de la cour des Invalides par leurs camarades du 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) de Castres, au son de la Marche funèbre, de Chopin, interprétée par la garde républicaine. François Hollande aux Invalides, lundi 16 décembre, devant le cercueil d'un soldat tué en République centrafricaine. Après avoir salué les familles des deux victimes, François Hollande a prononcé un discours dans lequel il a rappelé que les « frères d'armes (…) Antoine et Nicolas sont allés jusqu'au bout de leur devoir au service de la paix dans un pays tombé dans le chaos, meurtri par les violences et ravagé par la faim et le dénuement ». Avant cet hommage officiel, une autre célébration officieuse a été rendue sur le pont Alexandre-III. Plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux militaires et des anciens combattants, se sont figées, parfois au garde-à-vous, quand le cortège funèbre a franchi le pont, à faible allure dans un silence total, précédé de motards de la garde républicaine. « Très concernés par la situation », un groupe de Centrafricains était également présent pour « soutenir les familles des deux soldats morts pour la paix (…) dans un conflit qui ne les concerne même pas ». DES « CRIMES CONTRE L'HUMANITÉ » François Hollande a profité de son discours pour justifier de nouveau l'intervention française en République centrafricaine. « Quand des crimes contre l'humanité sont commis, c'est l'honneur de la France, l'honneur de ses soldats, de s'engager pour y mettre fin, et ceci sans la moindre hésitation. Il y avait urgence », a-t-il fait valoir, rappelant que « plus de 600 personnes avaient été tués en deux jours », lors de violents affrontements à Bangui les 4 et 5 décembre, et que « les affrontements confessionnels risquaient de dégénérer en un immense bain de sang ». Une nouvelle fois cependant, le président Hollande a souligné que les soldats français n'avaient « pas vocation à rester durablement en Centrafrique ». Selon le président, qui a repris les chiffres donnés par l'Union africaine le 6 décembre, ils « seront progressivement relayés par la montée en puissance des forces africaines dont les effectifs vont doubler en quelques semaines pour atteindre 6 000 hommes ». Lorsqu'elles auront atteint « une taille et une capacités suffisantes, alors nous pourrons nous retirer », a ajouté François Hollande sans fixer de délai. En attendant la consolidation de cette force, les forces françaises se retrouvent régulièrement en première ligne dans les combats.