La pollution atmosphérique qui atteint des niveaux d'alerte dans plusieurs régions de France depuis mardi représente un risque sanitaire réel pour certaines personnes. • Quel est l'effet de la pollution atmosphérique sur la santé? Les risques sont principalement respiratoires (asthme, broncho-pneumopathie chronique obstructive) et cardiovasculaires. Les particules les plus fines peuvent s'enfoncer très loin dans les ramifications pulmonaires, où elles provoquent un phénomène d'inflammation. Les bronches s'épaississent alors et sécrètent des glaires qui rendent difficile la circulation de l'air et provoquent l'essoufflement. Les particules peuvent aussi, à ce niveau, rejoindre la circulation sanguine: cela épaissit le sang et favorise l'apparition de maladies cardio-vasculaires (infarctus, angine de poitrine, troubles du rythme cardiaque). La pollution atmosphérique, composée des dégagements des moteurs de voiture mais aussi des fumées industrielles et du chauffage urbain, a enfin été classée «cancérigène certain» par l'Organisation mondiale de la santé au mois d'octobre. • Quelles sont les personnes les plus à risque? Certains profils requièrent une prudence renforcée. Il s'agit des personnes qui souffrent d'asthme, d'une maladie cardiovasculaire ou d'une maladie respiratoire comme une broncho pneumopathie chronique. Les enfants et les personnes âgées sont aussi plus sensibles aux effets néfastes des particules fines sur la santé, les premiers parce qu'ils respirent plus vite, se trouvent plus près du sol et ont des alvéoles pulmonaires encore en développement, les secondes parce qu'elles ont, du fait de leur âge, une capacité ventilatoire diminuée. • Les bons réflexes Les individus à risques doivent limiter leurs déplacements au maximum. Si cela ne peut être évité, ils doivent privilégier les moments de la journée où la circulation automobile est réduite, le trafic routier étant à l'origine de la majorité des particules en suspension. L'air intérieur des logements étant aussi pollué, il est par ailleurs conseillé de continuer à aérer quotidiennement mais en évitant les heures critiques. Une bonne option consiste à aérer très tôt le matin et/ou tard le soir. Enfin, inutile de se munir d'un masque en papier, car les particules fines le traverseront. Seuls les masques équipés de cartouches filtrantes sont efficaces, mais on imagine mal les porter au quotidien! • Sait-on évaluer l'ampleur du risque associé à la pollution atmosphérique? Une étude publiée lundi dans la revue scientifique The Lancet montre qu'une exposition prolongée aux particules fines a un effet néfaste sur la santé même lorsque les concentrations restent dans la norme dictée par l'Union européenne. Les données les plus récentes dont disposent le Centre international de recherche sur le cancer (IARC) montrent qu'en 2010, 223.000 personnes sont décédées d'un cancer du poumon en lien avec la pollution de l'air dans le monde.