La police ukrainienne a dispersé les manifestants du centre de Kiev, La police ukrainienne a dispersé les manifestants du centre de Kiev, les forces du ministère de l’Intérieur enlèvent les barricades, alors que le président ukrainien Viktor Ianoukovitch se prépare à participer à une table ronde nationale avec des représentants de l’opposition et ses prédécesseurs. Pendant ce temps - là, la représentante de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton, se rend à Kiev. Quelles conséquences aura cette succession d’événements pour l’Ukraine?
Au fur et à mesure, la vague des protestations à Kiev se calme. Bogdan Bezpalko, directeur adjoint du centre d’études ukrainiennes et biélorusses de l’Université de Moscou, estime que dans ce contexte, la décision d’organiser une table ronde nationale avec la participation du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, ses prédécesseurs Leonid Kravtchouk, Leonid Koutchma et Viktor Iouchtchenko, ainsi que des représentants des partis d’opposition ne semble pas convaincante.
« Je ne m’attends pas à des suggestions très utiles, car l’Ukraine du président ukrainien Leonid Kravtchouk n’était pas une réussite. Lors de son mandat, la population du pays a vécu la plus grande baisse de niveau de vie. Cette table ronde est un coup de communication, plutôt qu’un événement réel capable d’aboutir à un consensus », estime Bogdan Bezpalko. Il suppose que, maintenant, l’opposition tentera de mettre le président ukrainien dans une impasse en soulevant artificiellement des protestations et en comptant sur la pression de l’UE qui pourrait exiger d’arrêter des méthodes de force pour résoudre ce problème. Toutefois, selon Sergueï Gontcharov, président de l’Association des vétérans de l’unité spéciale Alpha, l’emploi, même limitée, la force, dans les circonstances actuelles, est la seule possibilité de sortir de la crise. Il estime que dans le cas contraire, le président ukrainien peut ne pas compter conserver son siège présidentiel. « Si Viktor Ianoukovitch est prêt à confirmer son mandat présidentiel, il doit prendre des mesures. Ces dernières consistent à faire libérer le centre de la ville et à mettre fin au séjour du peuple sur le Maidan. S’il est prêt à renoncer à son mandat, aucun assaut n’aura lieu et tout se résoudra par lui-même », dit-il. Selon Oleg Bondarenko, directeur du Centre russo-ukrainien d’informations, on voit clairement dans la solidarité des représentants de l’UE avec les manifestants, la volonté d’utiliser la crise politique ukrainienne dans leurs propres intérêts. « De toute évidence, les hommes politiques occidentaux aimeraient réitérer la situation du Maidan en 2004. À ce moment-là, de nombreux hommes politiques européens se proposaient également pour faire office de négociateurs à Kiev. Nous nous souvenons bien comment cela s’est terminé : l’opposition a triomphé. Aujourd’hui, cette situation peut très bien se répéter », a annoncé Oleg Bondarenko. Cependant, d’autres experts ne s’attendent pas à ce que les événements en Ukraine en 2004 se répètent aujourd’hui. Bogdan Bezpalko suppose que, cette fois-ci, il est peu probable que l’opposition ukrainienne reçoive un soutien de la part de l’Occident avant tout en raison de son morcellement.