Le premier ministre s ' est rendu ce samedi matin dans une des trois usines que PSA a créé à Wuhan avec son partenaire chinois Dongfeng.

De notre envoyée spéciale à WuhanJean - Marc Ayraulta le sourire aux lèvres. Comment ne pas l ' avoir lorsque l ' on visite un constructeur automobile qui connaît une croissance à deux chiffres? À son troisième jour devisite officielle en République populaire de Chine, le premier ministre s ' est rendu dans l ' une des trois usines que PSA a créé à Wuhan avec Dongfeng. En Chine, les deux partenaires travaillent sous la bannière DPCA, une coentreprise créée en ۱۹۹۲. Ses trois chaînes de montage sortent une voiture toutes les vingt secondes. Une quatrième unité de production verra bientôt le jour. DPCA détient un peu plus de ۳ % de part de marché en Chine. Mais compte se développer. DPCA, c ' est «۷۵۰ ۰۰۰ véhicules par an, plusieurs usines, ۲۵ % de croissance» en ۲۰۱۳, s ' est félicité le premier ministre.
Pendant une heure, Ayrault a déambulé dans les allées de cette chaîne de montage qui produit ٤٤ voitures par heure, uniquement des modèles haut de gamme de marque Peugeot et Citroën: ۵۰۸, C۵,۳۰۰۸. Il a voulu tout voir et tout savoir. Il s ' est assis au volant d ' une voiture, a ouvert le coffre d ' une autre pour en mesurer le volume, s ' est fait expliquer les différences entre les attentes des Chinois et celles des Européens. «Je sens que Jean - Marc, c ' est un spécialiste de la bagnole», s ' est amusé gentiment le ministre du Redressement Arnaud Montebourg, déclenchant un sourire du premier ministre. Jean - Marc Ayrault s ' est aussi entretenu avec des ouvrières d ' une vingtaine d ' années. «Vous aimez Peugeot. Alors on va construire encore plus de Peugeot en Chine», leur a - t - il lancé.

«L ' avenir de PSA se fait en Chine»

La bonne santé de la marque Peugeot en Chine tranche singulièrement avec les difficultés que rencontre le groupe PSA en France qui, après la fermeture du site d ' Aulnay programmé au début de l ' année ۲۰۱٤ a confirmé vendredi une information duFigaroselon laquelle la fermeture d ' une ligne de production est envisagée sur les sites de Mulhouse et de Poissy. Pour Jean - Marc Ayrault, il ne fait aucun doute que l ' avenir de PSA est désormais en Chine. «Il y a un avenir pour l ' industrie automobile française», a - t - il dit. «L ' avenir se fait où sont les marchés», a - t - il ajouté. Un peu plus tôt, le directeur général adjoint de DPCA Pierre Mouro dressait également un constat sans appel: «Pour PSA, le développement à l ' international est un axe stratégique vital(…) L ' avenir de PSA, comme celui de tous les autres constructeurs automobiles, se fait en Chine». Pour l ' heure, l ' avenir de PSA est suspendu à Dongfeng, qui pourrait entrer dans le capital du groupe français. Les négociations sont toujours en cours. Ni le patron de PSA,Philippe Varin, également présent lors de la visite de l ' usine de Wuhan, ni Jean - Marc Ayrault n ' ont accepté d ' en dire plus sur les discussions et sur le calendrier.