La tournée régionale de Zarif, à peine deux semaines après la signature…
d ' un accord intérimaire avec les grandes puissances a fait couler beaucoup d ' encre ces deux derniers jours. la presse des pays arabes du Golfe persique, celle de la Méditerranée y sont allé chacune de leurs commentaires qui se placent tous sous un même et unique signe: mauvaise fois. En Arabie saoudite, la presse officielle a raillé, à la limite de l ' insulte, l ' appel à l ' ouverture de Zarif, rejetant d ' emblée toute possibilité d ' une entente irano saoudienne. En ton plus aimable, le journal libanais Al Nahar, proche du courant du ۱٤ mars, a aussi traité cette tournée qui a conduit Zarif au Koweït, à Oman, puis au Qatar avant de s ' achever aux Emirats arabes unis. pour le journal le message qu ' a tenté de faire passer le ministre iranien des AE, celui d ' ouverture, d ' une plus large coopération interrégionale dans le sens d ' un renforcement de la paix et de la sécurité régionale, va effectivement à rebours du discours véhiculés par certains voisins arabes de l ' Iran qui, eux, ne cessent de crier au complot iranien, aux tentative de déstabilisation,, à l ' ingérence pro chiite et ainsi de suite. mais Al Nahar ternit l ' image de la diplomatie réconciliant de Zarif autre ment, avec davantage de subtilité et de tact: pour le quotidien qui se réfère évidemment " aux sources diplomatiques anonymes basées au Liban ", " la diplomatie de Téhéran est " contingente ", c ' est à dire qu ' elle est fonction des changements et des évolutions en cours dans la région!(est - ce un tort de vouloir agir en conséquence, c ' est la question qui se pose à la lecture de l ' article et qui ne trouve évidemment pas de réponse à la fin. Al Nahar poursuit: " il est tôt de vouloir juger Zarif et sa diplomatie, tout travail d ' évaluation devrait se faire à l ' aune de l ' action du gouvernement Rohani. car on a bien vu à quel point l ' Iran a été loin dans son soutien au régime syrien, régime dont tous les arabes(!!) demandent le renversement et dont le chef Assad a accusé la semaine dernière(ndlr: crime suprême!!) Riyad de soutenir les terroristes et d ' empêcher un retour à la paix en Syrie " '. visiblement l ' auteur de l ' article considère comme un crime de lèse majesté, les propos véridique de Assad dont l ' armée combattent tous les jours des centaines de terroristes saoudiens aux quel ikl faut désormais ajouter les hauts officiers venus de la Jordanie le combattre. Après cet intermède syrien, le quotidien revient à la charge toujours de façon très diplomatique: " les sources diplomatiques estiment que les Iraniens mènent une opération de rapprochement bien programmé à l ' adresse des pays arabes de la région, ce qui explique la tournée de Zarif à peine dix jours après la signature de l ' accord nucléaire Iran / Occident. les iraniens ont commencé des efforts multiples et multidimensionnels surtout à l ' endroit de Riyad pour résoudre les divergences " et Al Nahar de déchiffrer: " voici les objectifs poursuivis par Téhéran: ۱ l ' Iran veut sortir de l ' isolement international et de réintégrer la communauté internationale(ndlr: pour le moment c ' est l ' Arabie saoudite qui semble isolée au poit d ' être prête à se rallier à Israël). Or ce retour au sein de la communauté internationale devra s ' effectuer en suivant les conditions posées par cette même communauté!! " Al Nahar extrapole et étend ensuite " les conditions des pays arabes ou mieux dit l ' Arabie saoudite " à l ' ensemble de la communauté internationale: " la communauté internationale a demandé à l ' Iran de changer la nature de ses liens avec les pays arabes. car les pays occidentaux savent très bien que les voisins arabes de l ' Iran pourront influer profondément sur ce pays et sur les liens que Téhéran pourrait avoir avec l ' Occident " Cette partie de l ' analyse du journal relève carrément de la pure subjectivité: les occidentaux ont en ce moment beaucoup de chats à fouetter dans les liens trop difficiles qu ' ils entretiennent avec l ' Iran et qu ' ils veulent normaliser pour vouloir y ajouter d ' autres motifs de complication. de surcroit, la rancœur que Riyad ressent envers Washington au sujet des tentatives de rapprochement US avec l ' Iran s ' enracine dans un sentiment d ' exclusion qui est celui de Riyad aussi bien dans l ' affaire syrienne que dans celle du nucléaire iranien. En bonne organe de propagande de Riyad Al Nahar exagère donc et prend ses rêves pour de la réalité. le journal reprend ensuite la même rhétorique que celle de ses confrères saoudiens en enchainant les questions qui visent visiblement à mettre en relief à la fois la sincérité de Téhéran et la compétence de sa diplomatie: " comment Zarif voudrait - il donc restaurer la confiance de Riyad à son égard en Syrie et au Liban? Certes tout le problème entre arabes et iraniens ne s ' origine pas en Syrie! Zarif peu - il par exemple se rendre à Bahreïn ou essayer d ' aider à la formation du gouvernement libanais suivant les points de vue de Riyad? et ensuite le hic: la principale divergence des saoudiens avec l ' Iran consiste à l ' influence et au poids régional que les Iraniens réclament dans la région. Rohani et Zarif pourront - ils pallier à cet état des choses " et puis ultime question: " Avec le temps il est désormais claire que l ' accord américano russe n ' a pas suffi à mettre un terme à la crise syrienne? Genève II ne sera pas un succès si les américains et les russes attirent le feu vert de Téhéran et ignorent celui de Riyad!! " Cet enchainement de questions rhétoriques témoigne d ' une seule et même chose: repliés dans leur logique tribale et confessionnelle, convaincus de leur droit à avoir toujours raison, l ' Arabie saoudite et leurs nervis bloquent toute voie à une possible entente. Al Nahar conclut son article par une critique à l’adresse des occidentaux « qui n’ont pas fait assez attention au courant extrémiste iranien lequel bloque de facto l’action de Rohani» pour plaider ensuite « un recentrement de la politique d’Obama en direction de ses alliés arabes puisque c’est à l’appui de ses amis que la Maison Blanche saura amortir les pressions dont elle fait l’objet et agir dans le sens de ses intérêts pour les négociations avec l’Iran qui reprendront dans six mois « Al Nahar le dit clairement: si Obama refuse de coopérer avec Riyad, il aura affaire avec le lobby saoudien au congrès.