Après des années d ' atermoiements, le constructeur français pourra démarrer sa production locale en ۲۰۱٦ grâce à une coentreprise avec Dongfeng. Il était le dernier constructeur occidental à ne pas encore avoir investi le marché chinois.

Le constructeur automobile chinoisDongfenga annoncé jeudi, juste avant l ' arrivée à Pékin du premier ministre françaisJean - Marc Ayrault, avoir reçu le feu vert des autorités pour constituer avecRenaultune coentreprise enChine.
Les deux groupes posséderont chacun ۵۰% des parts de la nouvelle entité, qui représente un investissement de ۷,۷٦ milliards de yuans(۹۳۲ millions d ' euros) et devrait produire ۱۵۰.۰۰۰ véhicules par an sur le premier marché mondial, a précisé Dongfeng dans un communiqué. La Commission nationale pour le développement et la réforme(NDRC), la plus haute instance chinoise de supervision économique, a enfin donné son approbation formelle à cette coentreprise, en vue de laquelle les deux groupes avaient signéun protocole d ' accord en mars ۲۰۱۲. Renault espérait commencer à produire localement entre ۲۰۱٤ et ۲۰۱٦. En octobre, malgré l ' attente prolongée du feu vert des autorités chinoises, le constructeurse disait toujours confiantet tablait sur un démarrage de la production en ۲۰۱٦. Le constructeur avait déjà tenté de s ' implanter en Chine en ۱۹۹۳ mais cet essai s ' était soldé par un échec. Il compte beaucoup sur ce partenariat pour ne pas réitérer l ' expérience. Dongfeng, deuxième constructeur du pays, a pour sa part estimé que sa coentreprise avec Renault, basée à Wuhan, dans la province centrale du Hubei, «renforcera la compétitivité du groupe, la valeur de ses marques et sa profitabilité».

Renault exulte, PSA attend toujours

La marque au losange a réagi dans un communiqué commun avec son homologue chinois. «Dongfeng Motor et Renault se félicitent de l ' approbation par les autorités chinoises de leur projet de coentreprise industrielle.» Renault espère ainsi «déployer une stratégie ambitieuse sur le premier marché automobile mondial». Le constructeur français est l ' un des rares grands constructeurs automobiles à ne pas encore avoir d ' activité de production en Chine, où les ventes de voitures connaissent une insolente croissance. L ' implantation sur le territoire est une des clés de la réussite dans un pays où les taxes à l ' importation sont particulièrement élevées et freinent les ventes étrangères. Le constructeur français envisageait donc depuis longtemps une implantation industrielle en Chine, un terrain déjà occupé par son concurrentPSA Peugeot Citroën, qui possède lui - même une coentreprise avec Dongfeng. La nouvelle devrait d ' ailleurs être accueillie froidement du côté de PSA, qui négocie encore avec le constructeur chinois pour que celui - ci participe àune augmentation de son capital. Le groupe concurrent de Renault comptait également sur un partenariat industriel avec Dongfeng qui s ' étendrait bien au - delà du marché chinois sur lequel ils sont déjà associés. Alors que l ' accord était attendu pour fin novembre, il tarde à être conclu. De quoi donner à Renault du temps pour rattraper son concurrent sur le marché chinois.