Le premier ministre débute une visite officielle en République populaire de Chine. Le nucléaire civil et les échanges commerciaux sont au cœur de ce voyage.

ée spéciale à Pékin
Cinq jours loin de la France pour un voyage en trois étapes du Nord à l ' extrême sud de la Chine. Pékin bien sûr, puis Wuhan et Taishan et enfin Canton. Le premier ministreJean - Marc Ayraultarrive ce jeudi à Pékin pour son tout premier déplacement officiel en République populaire deChine. Il veut consacrer du temps aux dirigeants de la deuxième puissance économique mondiale et du premier exportateur mondial. Et ne ménage pas sa peine pour le faire savoir. «Je serai en Chine cinq jours», explique - t - il ainsi dans un entretien à l ' agence Chine nouvelle paru mercredi matin. «Pour une première visite en Chine et en dépit de toutes les réformes que mon gouvernement a engagées en France, j ' ai tenu à y consacrer le temps nécessaire», insiste encore Jean - Marc Ayrault qui semble bel et bien ragaillardi par la prochaineremise à plat de la fiscalité françaisequ ' il a annoncée à la surprise générale en novembre.François Hollandeavait fait une visite éclair de deux jours lors de son premier déplacement dans ce pays, en avril. Une visite si courte qu ' elle avait suscité des commentaires acides sur les réseaux sociaux chinois. Son premier ministre joue cette fois la carte de la séduction. Le redressement du pays qu ' il considère comme «sa» mission passe par des échanges plus nourris et plus équilibrés avec le partenaire asiatique qui affiche un excédent commercial de ۲۷ milliards d ' euros vis - à - vis de la France. Il souhaite voir la Chine tirer «son partenariat avec la France vers le haut».Le nucléaire civil et les panneaux solaires chinois en négociationÀ l ' approche des célébrations, en ۲۰۱٤, du cinquantième anniversaire de l ' établissement des relations diplomatiques entre la France et La Chine, Ayrault compte prendre le temps de renforcer les liens entre les deux pays, notamment dans les secteurs porteurs qui constitueraient de précieux relais de croissance pour la France. «La ville durable, la santé, l ' agroalimentaire, les services financiers ou le numérique», énumère le premier ministre français qui s ' entretiendra vendredi à Pékin le présidentXi Jinpinget le premier ministre Li Keqiang. Il va également plaider pour l ' augmentation du nombre d ' entreprises chinoises implantées en France. Elles ne sont pour l ' heure que ۲۰۰ contre ۱۵۰۰ sociétés françaises en Chine. Autre dossier important: le nucléaire civil. Le premier ministre sera présent vendredi à l ' ouverture du séminaire sur le ۳۰e anniversaire de la coopération bilatérale franco - chinoise et il se rendra dimanche à Taishan où deux EPR sont en cours de construction. Des négociations sont engagées pour deux autres EPR. D ' autres sujets plus sensibles s ' inviteront probablement dans les discussions. Notamment celui des panneaux solaires chinois. L ' Union européenne(UE) va imposer à partir de vendredi des mesures antidumping aux producteurs chinois qui refusent d ' appliquer l ' accord amiable trouvé cet été.Martine Aubry est aussi du voyageJean - Marc Ayrault est accompagné de cinq ministres, dontArnaud Montebourg(Redressement productif), Philippe Martin(Écologie) et Guillaume Garot(Agro - alimentaire) ainsi que d ' une dizaine de parlementaires. Plusieurs patrons de grandes entreprises sont également du voyage: Henri Proglio(EDF), Luc Oursel(Areva), Augustin de Romanet(ADP). La maire de LilleMartine Aubry, dont les ambitions pour Matignon nourrissent les rumeurs, est aussi du voyage en tant que représentante spéciale du ministre des Affaires étrangères pour le partenariat avec la Chine.