C’est du moins l’opinion de Jahad Al-Khazen, ex-rédacteur en chef d’Al-Hayat. Selon lui, les raisons de tension dans les relations Riyad-Washington sont du secret polichinelle. La plus importante c’est que les Etats-Unis ont négligé la question palestinienne, qu’ils ont rejeté l’action militaire en Syrie, qu’ils ont critiqué le gouvernement de transition en Egypte notamment le rôle des militaires et qu’ils ont gardé un silence de marbre envers les ADM au Moyen-Orient. L’Arabie a eu le 17 octobre un siège au sein du Conseil de sécurité mais le lendemain il l’a refusé, accusant l’instance onusienne de négligence envers la question palestinienne, la crise syrienne et les ADM. Entre temps, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry a eu un agenda bien chargé : il a rencontré lundi dernier à Paris son homologue saoudien, Saoud Al-Fayçal ; il a pris mardi l’avion pour Londres afin d’arriver à temps aux négociations qui ont eu lieu là-bas ; mercredi Kerry s’est rendu à Rome où il a eu un entretien de sept heures avec Benyamin Netanyahu à la résidence de l’ambassade US en Italie et c’est enfin jeudi qu’il a regagné Washington. Toujours d’après Al-Khazen, l’Arabie est pour un Moyen-Orient sans ADM, ce qui signifie avant l’Iran, elle vise Israël. C’est ce dont ont fait allusion tous les dirigeants arabes à l’Onu notamment Cheikh Tamim ben Hamad, l’émir du Qatar qui avait dit qu’il n’y avait aucun acharnement contre l’Iran. Il est vrai que tout esprit lucide appelle à un Moyen-Orient sans ADM. Les Etats-Unis ont négligé leur ligne rouge en Syrie, ils se sont uniquement focalisés sur les armes chimiques syriennes et le programme nucléaire iranien ; ils ont aussi fermé les yeux sur Israël, un régime terroriste et usurpateur qui massacre, qui détruit, qui dispose des armes chimiques, bien sûr des sites nucléaires. Toujours d’après Al-Khazen, la réalité c’est que l’Arabie ne veut pas se voir coincée entre Israël et un Iran nucléaire. « En fait, elle n’envisage pas à s’acharner contre l’Iran ; quiconque rejette ce constat de ma part, cite un seul officiel saoudien depuis le Malek Fayçal jusqu’à maintenant, qui aurait dit autre chose, insiste Al-Khazen ajoutant : J’entends dire par ailleurs que l’Arabie est inquiète des contacts américano-iraniens ; je n’y vois aucune raison d’inquiétude. Il va de soi que l’Iran cherche à faire briser la glace, ce dont profitera l’Arabie !