Fragilisé par les mauvais résultats d'Ajaccio en Ligue 1 (18e), l'entraîneur italien pourrait vivre son dernier match sur le banc ajaccien mardi soir lors du derby face à Bastia en 16ede finale de la Coupe de la Ligue. Débarqué en Corse en provenance de la Juventus où il s'occupait des moins de 14 ans, Fabrizio Ravanelli pourrait s'asseoir pour la dernière fois sur un banc français, mardi soir à Martigues, à l'occasion du derby corse en 16e de finale de la Coupe de la Ligue. Une rencontre délocalisée et disputée à huis clos en raison des incidents qui avaient émaillé l'affiche entre les deux clubs corses de L1 la saison dernière. C'est donc dans une atmosphère silencieuse que l'ancien attaquant de l'Olympique de Marseille pourrait voir son expérience française s'arrêter prématurément. Sur la sellette en raison des résultats calamiteux de l'ACA en championnat (18e), «Penna Bianca» ne joue pas pour autant son avenir sur ce derby corse ne comptant que pour une compétition annexe. Paradoxalement, l'entraîneur italien pourrait tout autant survivre à une défaite que prendre la porte après une victoire, tout dépendant en fait de la capacité de la direction de l'ACA de lui trouver un remplacement crédible au pied levé. Le fond du problème se situe donc dans le fait que la greffe Ravanelli, sous contrat jusqu'en 2015, n'a pas prise en Corse. Au-delà de ses méthodes de préparation suscitant la controverse - protocoles médicamenteux à base de créatine, protéine en poudre, oméga 3, acides aminés et hydrate de carbone- et de ses toquades concernant la géolocalisation des joueurs à l'entraînement, l'Italien n'arrive pas à faire décoller son équipe sur le terrain. Avec une seule victoire (le 25 septembre dernier contre Lyon 2-1) en 11 journées de Ligue 1, Ajaccio est sérieusement menacé de relégation en fin de saison. Clap de fin imminent? Le président du club corse Alain Orsoni a ainsi décrété l'état d'urgence au sortir d'une défaite à domicile face à Nantes il y a dix jours. Avec l'obligation pour Fabrizio Ravanelli de redresser la barre promptement ou d'aller voir ailleurs avec son staff italien (Ventrone, Rotondale et Bruno). Et samedi à Guingamp (2-1), l'opération reconquête a échoué pour quelques minutes de trop. Après avoir mené au score, les Ajacciens ont encaissé deux buts dans les cinq dernières minutes pour subir leur sixième défaite de la saison, la troisième consécutive. Et on doute que les pleurnicheries d'après match de Ravanelli aient ému l'état major de l'ACA : «Ce qui s'est passé ce soir, c'est vraiment horrible. On tenait presque la victoire. Pendant les dernières minutes, il y a eu un très gros penalty que l'arbitre n'a pas donné. Je ne sais pas ce qui se passe avec nous. On a toujours été bien avec tout le monde. On respecte tous les adversaires. On respecte les arbitres, on respecte tous les supporters. Tout le monde est reçu comme des stars. On ne met jamais la pression à personne. Mais quand on va à l'extérieur, il se passe des choses qui font du mal non seulement à moi mais aussi à mon équipe, à mes supporters et surtout à mes joueurs.» Clap de fin imminent ou pas, l'Italien devra faire front dans un derby corse qui s'annonce délicat au regard des absences en cascade au sein de l'effectif ajaccien : Cavalli, Arrache, Faty, Mostefa, Diarra et Eduardo sont blessés. Zubar est suspendu. Pour ne rien arranger Mutu, l'attaquant roumain qui «préfère s'échauffer après avoir joué» dixit Ravanelli, est incertain. Mais l'Italien a d'autres soucis. En premier lieu, celui de ne pas achever sa première expérience professionnelle en tant qu'entraîneur de manière piteuse. La probabilité qu'il ne soit plus sur le banc ajaccien samedi pour la réception de Valenciennes en championnat augmenterait à coup sûr en cas de défaite face au rival bastiais.