Paris - La Bourse de Paris, qui a renoué avec ses niveaux de septembre ۲۰۰۸ et profité des annonces de la Fed, va se tourner la semaine prochaine vers la zone euro avec plusieurs indicateurs d ' activité et le résultat des élections en Allemagne. Sur la semaine écoulée, l'indice parisien a pris 2,17% pour terminer vendredi à 4.203,66 points. Ses gains depuis le début de l'année atteignent 15,45%. En retard par rapport aux autres grands indices, le CAC 40 a finalement retrouvé depuis mercredi ses niveaux de septembre 2008. L'indice a ensuite été soutenu jeudi par le maintien de la politique monétaire ultra-accommodante de la Réserve fédérale américaine (Fed). La réunion de la Fed, qui a conservé en l'état son gigantesque soutien à l'économie, «a livré un verdict plutôt inattendu et très favorable aux actifs risqués», souligne Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets France. Le marché va désormais devoir digérer ces annonces dans les prochains jours. «L’euphorie des marchés pourrait très vite s’estomper. Maintenant que le spectre du virage monétaire de la Fed s'est éloigné, des prises de bénéfices vont probablement s’opérer et les investisseurs vont être attentifs à d'autres catalyseurs», résume M. Cousté, pour qui le rythme de la reprise économique mondiale sera scruté. «Ce que la Fed a tenu à réaffirmer, c'est que toute décision dépendra des indicateurs économiques, qui seront donc source de volatilité pour les marchés», renchérit Jean-Louis Mourier, économiste chez le courtier Aurel BGC. Peu d'indicateurs décisifs sont au programme la semaine prochaine, si ce n'est quelques chiffres sur l'immobilier, la confiance et la consommation ainsi que la troisième estimation de la croissance pour le deuxième trimestre. Le marché surveillera également plusieurs discours des banquiers centraux américains afin d'y trouver quelques indications sur les rachats d'actifs. Les investisseurs vont suivre en outre, «sans affolement» selon l'économiste, les débats sur le budget et le plafond de la dette aux États-Unis, un facteur de risque qui a poussé la Fed à la prudence. Les investisseurs vont surtout se tourner davantage vers la zone euro dans les prochains jours. Elections en Allemagne   «La semaine à venir sera dominée par les élections fédérales en Allemagne ce dimanche et les premiers indices d'activité en zone euro», résument les économistes chez Unicredit. Le scrutin allemand comporte quelques incertitudes: le parti de la chancelière Angela Merkel devrait arriver en tête, mais beaucoup de questions persistent sur la nature de la future coalition. Soit les élections se traduisent par un statu quo, soit par une grande coalition entre le parti de Merkel et les sociaux-démocrates, ces derniers étant considérés comme plus favorables aux mesures d'aide aux pays fragiles de la zone euro. «Les marchés attendent globalement que Merkel reste chancelière», sans que la politique menée ne change donc de manière spectaculaire, selon M. Mourier, rappelant qu'il faudra surveiller le score des partis les plus critiques avant l'Europe. «Il n'y a pas un grand suspense sur l'issue des élections, mais une fois qu'elles seront passées, la parole des dirigeants allemands pourrait être plus libre concernant les grands enjeux européens», explique Isabelle Enos, gérante chez B*Capital (groupe BNP Paribas). Le marché aura par ailleurs plusieurs indicateurs européens intéressants à suivre, avec notamment des chiffres sur la confiance des entrepreneurs et des consommateurs en Allemagne. Surtout, les indices PMI d'activité pour le mois de septembre en zone euro sont attendus lundi, ainsi qu'en Chine dès ce week-end. «Le marché n'est jamais à l'abri d'une mauvaise surprise. Le scénario privilégié reste toutefois celui d'une croissance stabilisée en Chine et d'une reprise très progressive en zone euro», explique M. Mourier. Par ailleurs, «si les signaux de reprise se confirment, les investisseurs pourront se dire qu'il y aura encore une carte à jouer sur les marchés en zone euro par rapport aux États-Unis, où les indices sont déjà à des records historiques», conclut Isabelle Enos.