Barack Obama et François Hollande ont juré et continuent à le faire «les yeux dans les yeux» à leurs opinions nationales et à celles du monde entier qu ' ils ont décidé une action militaire en Syrie parce que l ' Amérique et la France ne peuvent rester sans rien faire face aux massacres dont est victime la population de ce pays de la part des forces loyales à Bachar El - Assad. Ce «devoir de protection» du peuple syrien, ils vont le remplir sous la forme de frappes de missiles et de bombardements aériens dont ils ont assuré un premier temps qu ' ils seront minutieusement «ciblés et chirurgicaux».
Sachant au vu des précédents afghan et irakien ce à quoi ont abouti les frappes ainsi dénommées par les stratèges du Pentagone, la population syrienne a été terrifiée par leur annonce. Il lui faut désormais s ' attendre à pire de la part de ses «protecteurs» autoproclamés qui ne parlent plus de frappes «ciblées et chirurgicales» mais massives. Un changement de dénomination pour ces frappes qui augure que leur résultat va être abominablement plus dévastateur sur tous les plans. Cela préfigure que le peuple syrien va vivre l ' apocalypse que lui apporteront des puissances militaires prétendant voler à son secours. Cyniques, Obama et Hollande prétendent que c ' est la seule façon de retenir le bras assassin de Bachar El - Assad et de son régime sans admettre que leur action militaire risque de faire plus de victimes en un laps de temps très court que ne l ' ont fait les forces loyales de Damas. Ce qui n ' est pas précisément l ' objectif d ' une «protection» de la population. N ' étant pas à une contradiction près, les deux présidents «va - t - en - guerre» nous serinent encore que leur action militaire est destinée à contraindre le régime syrien à accepter de s ' asseoir à la table des négociations pour la recherche d ' une solution politique à l ' atroce conflit qui se déroule dans le pays. En assenant cet argument, ils s ' en tiennent à la contrevérité que c ' est le régime syrien qui aurait fait capoter les initiatives internationales ayant tenté de convaincre les protagonistes du conflit à se résoudre à accepter cette option. Le monde est témoin(du moins ceux qui jugent impartialement en l ' occurrence) que le régime de Damas a fini sous la pression de son grand allié russe par donner son accord à des négociations politiques sous caution de la communauté internationale avec l ' opposition armée. Tout le monde a constaté que c ' est cette opposition sous influence de parties hostiles à la solution politique qui a fait avorter les médiations internationales en tour à tour les rejetant purement et simplement ou en mettant des exigences préalables à son accord inacceptables pour Damas. L ' Amérique et la France ont été à la pointe de ceux qui lui ont dicté un tel comportement. N ' est - ce pas Washington et Paris qui d ' entrée de jeu dans la crise syrienne ont décrété que l ' issue de celle - ci ne peut et ne doit être que le départ de Bachar El - Assad et de son régime? Un objectif auquel ils n ' ont pas renoncé et qu ' ils veulent atteindre par des frappes militaires tout en sachant au prix de quelle somme de victimes civiles et de dégâts matériels elles vont occasionner. Disons les «yeux dans les yeux» à Obama et Hollande: vous aller commettre un crime conte l ' humanité. Vous le savez et vous persistez à l ' accomplir parce que assurés de l ' impunité que vous garantit votre statut de président de deux grandes puissances.