Il y a juste un siècle, avec l’effondrement de l’Empire ottoman,
une nouvelle carte du Moyen - Orient vit le jour, et aujourd’hui, cette région est en proie aux changements radicaux qui peut aboutir au tracé d’une nouvelle carte politique. Dans la situation où se trouve le Moyen - Orient, l’Histoire peut commencer ces changements nouveaux encore avec la Turquie comme héritier de l’Empire ottoman. Lorsque les Etats - Unis ont mis en avant leur projet du nouveau Moyen - Orient, la Turquie s’est portée volontaire pour diriger ce changement, ignorant qu’elle - même est l’objet même de ce changement. Ankara, avec ses approches intérieure, régionale et internationale, va directement dans ce sens. Dans la conjoncture où la région a besoin de la retenue, de mesure et de la sagesse, Ahmed Davutoglu, chef de la diplomatie turque en appelant à la guerre dans la région, veut lancer la Turquie comme porte - étendard d’une évolution qui aura des retombées catastrophiques pour la région. Alors qu’Erdogan, critique violemment l’Occident et notamment les Etats - Unis pour leur politique à l’égard de l’Egypte et de la Syrie, son ministre des Affaires étrangères exhorte l’Occident à intervenir militairement en Syrie, et après des contacts régionaux et extrarégionaux déclare que son pays et prêt à rejoindre toute coalition anti - syrienne même sans l’aval des membres du Conseil de sécurité. Ces déclarations de Davutoglu révèlent bien que les critiques d’Erdogan n’expriment pas un certain attachement au sort des Musulmans, mais plutôt, la Turquie cherche à faire par procuration, le fer de lance d’une une guerre occidentale. Les propos de Davutoglu montrent bien que la politique syrienne de la Turquie sous sa direction ne va pas dans une bonne direction. Jetant la Turquie dans la crise syrienne, Davutoglu avait affirmé que dans deux mois, il allait faire la prière à la mosquée des Omeyades avec les opposants syriens, mais la guerre a duré plus de deux ans et Assad est toujours au pouvoir. Fort de sa vision idéologique, Davutoglu a tenté, sous couvert de la démocratie et des droits de l’Homme, d’asseoir ses idées religieuses extrêmes en Syrie et en battant le tambour de la guerre sous prétexte d’emploi d’armes chimiques, dont l’origine n’est que les terroristes, cherchent à étendre la crise. Cette politique turque n’a fait qu’attiser l’insécurité et les actes terroristes, par exemple en Irak. Alors que la Turquie en ouvrant ses frontières aux groupes salafistes est en quelque sorte facteur de crise en Syrie, la stratégie iranienne a été dès le début de régler pacifiquement cette crise. Il faut distinguer la gestion d’une crise de son règlement. Jusqu’aujourd’hui, la Turquie en administrant la crise, est allée dans la direction d’une guerre totale, alors que la Syrie a besoin d’une voie pacifique pour résoudre cette crise et ce par une politique qui sert sa solution. Alors qu’au passé, une délégation de la Ligue arabe avait confirmé l’utilisation d’armes chimiques par l’opposition, actuellement cette question est devenue un prétexte de campagne d’intoxication contre Damas. Davutoglu ne doit pas s’esquiver devant l’opinion publique mondiale. Accepter son erreur est un signe de sagesse. Les erreurs d’équations sur la crise syrienne et la région ont créé des conditions difficiles pour la Turquie et notamment pour Davutoglu. Depuis quelques temps, les pressions ont augmenté non seulement ai serin des partis d’opposition, mais même au sein de l’AKP pour destituer Davutoglu. Sous un autre angle, l’élargissement de la crise est une voie pour sortir de la crise, et c’est une erreur que la Turquie ne doit pas commettre, car elle pourrait porter atteinte à la région et à la Turquie elle - même. Dans la crise syrienne et même à propos de l’Egypte, la Turquie, au lieu d’adopter pour la politique de gagnant - gagnant, a choisi celle de gagnant ou de perdant, ce qui est tout à fait contre la logique politique. Dans cette conjoncture où la crise s’élargir, il est bon d’utiliser tous les moyens d’éviter la guerre. A côté de l’ONU, on peut activer l’OCI, la Ligue arabe et le MNA. Quelle légitimité accorder à l’OTAN alors que certains en parlent? En tout cas, Davutoglu doit savoir qu’il est facile de commencer la guerre, mais que sa fin est difficile et sa prévision impossible. L’intervention militaire américaine en Syrie imposera des coûts irréparables au Moyen - Orient. L’opiniâtreté turque à l’égard la Syrie et l’Irak renforce cette idée que la Turquie veut, peut - être, après l’implosion de l’Empire ottoman, devenir le facteur du traçage d’une nouvelle carte dans la région, alors que l’AKP prétend vouloir rapprocher les Musulmans les uns des autres. Les propos de Davutoglu ont sérieusement porté préjudice à l’image de la Turquie dans la région, renforçant cette idée qu’Ankara est devenu le cheval de Troie de l’Occident. Le point important est de savoir, si Ankara participe à cette coalition internationale contre la Syrie, où sera la place des Alawites, ce d’autant plus que les Musulmans sunnites et les laïques turcs sont contre cette guerre et vont y résister?