Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé mardi qu'Israël se trouvait derrière la destitution en Egypte par l'armée du président Mohamed Morsi. "Vous savez ce qu'on dit en Egypte, que la démocratie ne se fonde pas sur les urnes. Qui se trouve derrière cela: Israël", a-t-il dit à Ankara lors d'une réunion de son parti de la justice et du développement (AKP). Erdogan a étayé sa thèse en affirmant que lors d'un forum en France avant les élections de 2012 qui ont conduit au pouvoir les Frères musulmans de Morsi, "le ministre (israélien) de la Justice et un intellectuel juif utilisent ces termes: +Même si les Frères musulmans remportent les élections, ils n'en sortiront pas vainqueurs, car la démocratie ne repose pas sur les urnes". La Turquie a vivement condamné la destitution du président Morsi et a opté pour un ton très ferme pour réagir à la répression menée par les forces de sécurité égyptiennes contre des rassemblements de soutien au président déchu. La Turquie a rappelé son ambassadeur au Caïre, ce à quoi l'Egypte a riposté par le rappel de son ambassadeur en poste à Ankara, signe d'une dégradation des liens bilatéraux, traditionnellement bons. Erdogan avait fortement renforcé les liens entre son pays et l'Egypte sous la présidence de Morsi, Ankara ayant fait du Caire l'un de ses partenaires privilégiés dans sa stratégie d'influence régionale. Les Frères musulmans nomment un chef par intérimLes Frères musulmans ont annoncé mardi qu'ils avaient nommé Mahmoud Ezzat pour remplacer temporairement leur guide suprême Mohamed Badie arrêté dans la nuit. Ezzat est l'un des adjoints de Badie au sein de l'exécutif de la confrérie. "Il assumera les fonctions de guide suprême sur une base temporaire après que les forces du coup d'Etat sanglant ont arrêté" Mohamed Badie, lit-on sur le site internet des Frères. Badie, 70 ans, a été capturé par la police dans la nuit de lundi à mardi, avec deux autres hauts dirigeants du mouvement, dans un appartement tout près de la place Rabaa al-Adawiya, sur laquelle plus de 280 partisans de Morsi avaient été tués mercredi dans la première opération de la police et de l'armée contre les rassemblements de manifestants islamistes. Ezzat, 69 ans, est médecin et a déjà été emprisonné plusieurs fois, aux côtés de Badie, dans les années 1960 et 1970. Les médias l'appellent généralement l'homme de fer" des Frères musulmans, en référence à sa manière abrupte de diriger la confrérie aux côtés de Badie.