Après plus de 48 heures de la dissolution du gouvernement, les Béninois s'inquiètent du retard qu'accuse le président Boni Yayi, dans la formation d'une nouvelle équipe gouvernementale. « Nous sommes tous d'accord du fait que la Constitution du 11 décembre 1990, encore en vigueur donne le pouvoir au président de la République de former ou de dissoudre son équipe gouvernementale. Mais de la même façon, nous n'apprécions pas ce vide juridique qui s'est instauré au niveau de l'exécutif depuis la mise à la fin des fonctions des membres du gouvernement », s'inquiètent les Béninois, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, interrogés ce samedi, dans les rues de Cotonou par Xinhua. Mais de sources proches de la présidence béninoise, le chef de l'Etat, Boni Yayi, a déjà entamé des consultations pour la formation dans les heures à venir d'un gouvernement d'union nationale qui rassemblera toutes les forces composantes du pays en vue de relever les véritables défis qui attendent le pays, notamment la lutte contre la pauvreté. Selon le secrétaire générale du gouvernement béninois, Emmanuel Tiando, de nouveaux enjeux interpellent aujourd'hui les autorités politiques béninoises dans la lutte contre la pauvreté et les exclusions. « Ces nouveaux défis axés sur la nécessité de poursuivre les réformes dans un esprit de cohésion et de détermination, requièrent d'insuffler une dynamique à une nouvelle équipe gouvernementale », a-t-il indiqué. C'est pourquoi, a-t-il expliqué, le président Boni Yayi a décidé, le jeudi 8 août dernier, de mettre fin aux fonctions des ministres en attendant la formation d'une nouvelle équipe gouvernementale. Selon des sources concordantes, en effet, la propension de certains ministres à faire prévaloir leur avenir politique, la précampagne précoce de la présidentielle de 2016, les accointances de quelques-uns avec le richissime homme d'affaires Patrice Talon, les maladresses d'autres encore dans la gestion de certains dossiers sensibles et enfin la crise de confiance avec le Premier ministre sont les raisons profondes de cette brusque décision du chef de l'Etat.