Dans une cérémonie à laquelle a assisté le chef du système judiciaire, l'Ayatollah Sadeq Amoli Larijani, M. Rohani a prêté serment et a promis d'utiliser son pouvoir sous toutes ses formes pour servir le pays, la nation iranienne et le régime islamique. "Je promets de protéger la constitution et la justice... et de me consacrer à la protection de la liberté ainsi que la dignité et les droits du peuple en vertu de la constitution", a-t-il déclaré. Le dialogue est le seul moyen de communiquer avec Téhéran, a déclaré  le président iranien Hassan Rohani. "On ne peut pas faire céder le peuple iranien par les sanctions et les menaces de guerre. Le seul moyen d'interaction avec l'Iran est le dialogue sur un pied d'égalité et le respect mutuel", a souligné M.Rohani . "Si vous voulez une réponse appropriée, n'utilisez pas le langage des sanctions mais plutôt celui du respect", a-t-il encore insisté. "Je déclare clairement que nous n'avons jamais cherché la guerre avec le monde", a dit encore M. Rohani. Le nouveau président iranien a également tenté de rassurer les monarchies arabes du Golfe qui accusent Téhéran de s'ingérer dans leurs affaires internes: L'Iran "cherche la paix et la stabilité dans la région" et s'oppose à "tout changement de régime politique ou de frontières par la force ou par les interventions étrangères". Un gouvernement de technocrates Au cours de cette céremonie le président iranien Hassan Rohani a présenté son gouvernement, formé de technocrates expérimentés, qui aura pour priorités de redresser une économie frappée de sanctions économiques et restaurer de bonnes relations avec l'Occident sur le dossier nucléaire. M. Rohani a présenté sa liste devant le Parlement juste après avoir prêté serment, même si officiellement il avait deux semaines pour le faire. Les membres du nouveau gouvernement, qui doivent obtenir un vote de confiance du Parlement d'ici dix jours, sont des technocrates expérimentés ayant déjà servi sous les anciens présidents modéré Akbar Hachemi Rafsandjani (1989-1997) et réformateur Mohammad Khatami (1997-2005). Parmi les ministres clé du gouvernement figure l'ex-ambassadeur de l'Iran auprès de l'ONU (2002-2007), Mohammad Javad Zarif, qui prend le portefeuille des Affaires étrangères. Personnalité modérée, il avait joué un rôle actif dans les négociations nucléaires. Il est réputé pour avoir tissé de nombreuses relations avec des responsables politiques américains alors qu'il était en poste à New York. Il a fait ses études aux Etats-Unis où il a obtenu un doctorat en politique et droit international à l'université de Denver. Un ex-ministre du Pétrole sous la présidence de Mohammad Khatami, Bijan Namdar Zanganeh, retrouve ce portefeuille. Il avait entretenu de bonnes relations avec les autres membres de l'Opep. Il avait également servi dans le gouvernement de M. Rafsandjani en tant que ministre de l'Energie. Figure aussi dans la liste du gouvernement Ali Janati, fils du très conservateur ayatollah Ahmad Janati, chef du Conseil des gardiens de la Constitution, chargé de vérifier la conformité des lois avec la Constitution et la charia. Contrairement à son père, c'est un modéré proche de M. Rafsandjani. Il décroche le ministère de la Culture. Mohammad Ali Najafi (Education) et Mohammad Reza Nematzadeh, qui ont également servi dans les gouvernements Rafsandjani et Khatami, sont nommés respectivement à l'Education et à l'Industrie, Mine et Commerce. Le cabinet ne comprend en revanche aucune femme alors que le prédécesseur de M. Rohani, Mahmoud Ahmadinejad, avait nommé pour la première fois une femme à la tête d'un ministère (Santé), avant de la remercier. La première décision de M. Rohani, samedi après son investiture, a été de nommer Mohammad Nahavandian, président de la Chambre de commerce et d'industrie, comme son chef de cabinet. Titulaire d'un doctorat d'économie de l'université George Washington (Etats-Unis), il devrait jouer un rôle de premier plan, notamment pour coordonner les décisions économiques.