La chef de la Délégation de l ' Union européenne(UE), Angelina Eichhorst, poursuit sa tournée auprès des responsables libanais, notamment ceux du Hezbollah dans une tentative de contenir les répercussions de l ' inscription du Hezbollah par Bruxelles sur la liste des organisations terroristes. «Les visites successives effectuées par Mme Eichhorst contredisent la politique adoptée récemment par l'UE à l'encontre du Hezbollah. Elles reflètent également l'anxiété et la crainte de l'UE à l'égard des retombées de cette décision sur les intérêts des pays membres dans la région», affirme le responsable des affaires internationales du parti, Ammar Moussaoui, qui a reçu jeudi la chef de la Délégation de l'UE dans son bureau dans la banlieue sud de Beyrouth. Durant cet entretien qui s'est déroulé dans une ambiance glaciale et non amicale, M. Moussaoui a posé une pluie de questions à la diplomate européenne. «Où sont les preuves qui ont vous servi de prétextes et sur lesquelles vous vous êtes basés pour accuser le Hezbollah d'être derrière l'attentat de Bourgas», lui a -t-il demandé. «L'enquête est toujours en cours», fut sa réponse. «Alors comment vous avez prononcé des jugements si le dossier n'est pas clos», s'est-il-insurgé, affirmant que la décision n'est que le fruit des pressions américaines et israéliennes de longue date exercées sur l'UE. Le responsable du Hezbollah a souligné à Al-Ahed que «le comportement de la chef de la Délégation de l'Union européenne montre que les Européens redoutent une rupture des relations avec le Hezbollah, risquant une détérioration de leur situation dans la région». A l'issue de la rencontre, M. Moussaoui a souligné que «cette décision est une insulte pour le peuple libanais parce qu'elle fait l'amalgame entre résistance et terrorisme». «Vous ne pouvez pas condamner d'une main puis tendre l'autre pour serrer la nôtre», a-t-il lancé, avant d'indiquer que cette décision «ne changera rien aux actions et à la politique du Hezbollah». Il a ensuite insisté sur le fait qu'elle «aura des conséquences et ne restera pas sans suites», en affirmant qu'il a demandé à l'ambassadrice de transmettre aux responsables européens l'appel du Hezbollah à la réviser. «Nous lui avons fait part de notre refus absolu de cette décision qui nuira aux relations libano-européennes et qui ne servira en rien l'Europe, d'autant qu'elle est le fruit de diktats israélo-américains. La preuve est que Benjamin Netanyahu (le Premier ministre israélien) s'est empressé de la considérer comme une réalisation diplomatique israélienne sans qu'aucun responsable européen ne réagisse pour lui demander de ne pas se mêler de cette affaire», a-t-il fulminé, en se moquant presque de la distinction établie par l'UE entre les ailes politique et militaire du Hezbollah. « C'est son affaire. Certains ont dû l'inventer pour répondre à des calculs déterminés, sinon tout le monde sait que le Hezbollah est une même entité avec un même commandement où les militaires et les politiques sont les mêmes», a-t-il dit. Il a également rejeté les accusations adressées au Hezbollah dans l'affaire de l'attentat de Bourgas, en Bulgarie. «Tout comme l'affaire de la liste des organisations terroristes, il s'agit d'une manipulation qu'il faut situer dans le cadre des mêmes pressions politiques», a commenté M. Moussaoui. Au terme de son entretien avec M. Moussaoui, la diplomate a été reçue par le ministre d'État démissionnaire pour le Développement administratif, Mohammad Fneich, puis par le Premier ministre désigné, Tammam Salam.