Le chef de l’armée égyptienne, le général Abdel Fattah al - Sissi, a appelé mercredi la population à manifester massivement pour lui donner «mandat d’en finir avec le terrorisme». Un dirigeant des Frères musulmans a aussitôt rejeté ces «menaces».Ces prises de position font redouter un risque d’escalade, dans un contexte de tensions politiques exacerbées déjà marqué depuis près d’un mois par des violences souventmeurtrières. «J’appelle tous les Egyptiens honnêtes à descendre dans la rue vendredi pour me donner mandat pour en finir avec la violence et le terrorisme», a déclaré le général Sissi lors d’une cérémonie militaire. Il a exhorté la population à «descendre dans la rue pour montrer au monde leur volonté comme avant le ۳۰ juin et le ۳ juillet» en référence aux manifestations de masse pour exiger le départ de Mohamed Morsi, puis à sa destitution par l’armée. Le général, qui est également vice - Premier ministre et ministre de la Défense, a réaffirmé n’avoir fait qu’accomplir la volonté du peuple en destituant M. Morsi, dont il n’a pas prononcé le nom, le désignant uniquement comme «l’ancien président». «Nous avons présenté trois fois à l’ancien président trois analyses stratégiques sur la situation», a - t - il indiqué, assurant que M. Morsi avait rejeté toute proposition de compromis avec les opposants exigeant sa démission. «Je vois que certains veulent entraîner le pays dans un tunnel sombre», a - t - il dit dans ce discours retransmis à la télévision, en allusion aux troubles politiques souvent meurtriers qui secouent le pays depuis près d ' un mois. Le général Sissi a affirmé que des conseillers de M. Morsi avaient tenté de le dissuader de le déposer en «disant qu ' il y aurait beaucoup de violence à cause des groupes armés». «On ne peut pas revenir sur la + feuille de route +» de transition, a - t - il prévenu, se disant «prêt à des élections sous supervision internationale du monde entier».Les Frères musulmans rejettent les «menaces» de l ' arméeDans le même contexte, un haut responsable des Frères musulmans égyptiens a rejeté mercredi les «menaces» du chef de l ' armée. «Vos menaces n ' empêcheront pas des millions de gens de continuer à manifester» pour le retour du président Morsi, a déclaré sur Facebook Essam el - Erian, un des dirigeants de laconfrérie islamiste.«Règlement politique par le dialogue» Le Qatar, principal soutien des Frères musulmans égyptiens, s’est pour sa part inquiété du «maintien en détention du président élu Mohamed Morsi avec les risques que cela comporte pour la glorieuse révolution du 25 janvier» 2011, qui a abouti au départ du président Hosni Moubarak le 11 février 2011. Une sortie de crise passe par «un règlement politique, fondé sur le dialogue dans le cadre de l’unité nationale. Et cela ne peut se faire en l’absence de l’une des parties et le maintien en détention de ses dirigeants», a estimé le ministère des Affaires étrangères du Qatar, en référence à Mohamed Morsi, detenu au secret depuis le 3 juillet ainsi que plusieurs de ses proches collaborateurs.