Malgré la défaite de son candidat Moustapha Sabbagh à la présidence de la «Coalition nationale», malgré l’absence de toute référence au conflit syrien dans le premier discours du nouvel émir, Cheikh Tamim qui a succédé à son père, «nous n’avons pas constaté que le Qatar ait montré des signes» d’un interventionnisme moindre en faveur de ses alliés sur le terrain en Syrie,déplore un diplomate à Paris cité par le journaliste français Georges Malbrunot. Sous - entendu, alors que l’Arabie saoudite apparaît désormais comme le pivot de l’intervention extérieure contre le régime syrien, le Qatar n’a pas encore fini de jouer sa propre carte – essentiellement les Frères musulmans. «Sabbagh n’a été défait qu’à trois voix près par Ahmad Jarba», rappelle le diplomate. Proche de l’Arabie saoudite, Ahmad Assi Jarba a pris la tête début juillet de la «Coalition nationale», élargie à ۱۱٤ membres avec l’intégration du groupe de Michel Kilo, qui a prêté allégeance à Ryad dans une alliance hétérodoxe entre un chrétien et la patrie du wahhabisme. Soucieux d’apaiser les Qatariens, Jarba, un chef tribal de l’est de la Syrie, a déjà rencontré l’envoyé spécial de Doha dans le conflit en Syrie, et devrait se rendre bientôt en visite en France. Mais le Qatar dispose toujours avec Farouk Tayfour, dirigeant des Frères musulmans, d’un «puissant relais politique et financier» puisque ce dernier est l’un des trois nouveaux vice - présidents de la «Coalition», le plus important groupe de l’opposition syrienne mais qui a bien du mal à s’unir et surtout à accroitre son influence auprès des rebelles sur le terrain. Doha a perdu en revanche un de ses pions en la personne de Ghassan Hitto, éphémère Premier ministre d’un «gouvernement transitoire» qui n’a jamais existé. En mauvais termes à la fois avec le chef de la soi - disant «Armée syrienne libre»(ASL) Sélim Idriss et l’Arabie saoudite, Hitto vient de démissionner. En fait, le «gouvernement transitoire» qui devait s’installer dans les zones dites libérées du nord de la Syrie n’aurait pas pu s’imposer face aux adversaires de l’ «ASL», c’est - à - dire les extrémistes du Front al - Nosra et la myriade de groupes salafistes qui ne reconnaissent pas l’ «ASL». Dans ces conditions, Hitto a préféré renoncer à sa tâche. Depuis le début du conflit en Syrie, le Qatar a été le pays arabe le plus en pointe contre le président Bachar el - Assad. Doha a le premier appelé à l’envoi de troupes arabes en Syrie et à l’armement des rebelles. Au fil des mois, Doha est devenu la capitale d ' une opposition, largement financée par le Qatar. Mais son appui marqué aux Frères musulmans, ses interventions intempestives – envoi de missiles anti - aérien contre l’avis des Etats - Unis – ont fini par agacer beaucoup de monde. Même si l’arrivée au pouvoir de Cheikh Tamim devrait se traduire par un assagissement du Qatar sur la scène internationale – repli accentué par le revers de ses alliés Frères musulmans en Egypte – il n’est pas du tout certain que Doha en revanche cède beaucoup de terrain en Syrie.Source: lefigaro