Les bases militaires ukrainiennes de Crimée sont dégagées une à une. Vendredi 21 mars, la signature par le président russe Vladimir Poutine de la loi formalisant l'appartenance de la Crimée à la Russie, en dépit du renforcement des sanctions américaines et européennes, a achevé delibérer dans la péninsule russophone les forces armées et les civils prorusses qui se retenaient d'agir. Dans la matinée, vendredi, des villageois patientaient devant la base navale de Novofedorivka, dans l'ouest de la Crimée. A l'intérieur, des militaires russes négociaient le retrait de la base par les troupes ukrainiennes. A 13 heures, des soldats russes ont ouvert le portail et la petite foule de villageois, 200 à 300 personnes, se sont engouffrés dans la base à force de «Hourrah»et de«Rassia! Rassia!»(Russie! Russie!). Le drapeau ukrainien à l ' entrée a été immédiatement arraché. La foule s ' est dirigée à l ' intérieur de la base jusqu ' à l ' immeuble où s ' étaient retranchés les soldats ukrainiens. Une dizaine d ' entre eux guettaient sur le toit. La foule de plus en plus hystérique s ' est précipitée en criant, cassant les vitres, crevant les pneus, escaladant un camion stationné à l ' entrée avant d ' essayer en vain de le faire tomber. Ils ont commencé à vider le mobilier du rez - de - chaussée en démolissant ce qu ' ils pouvaient. Les soldats ukrainiens tentaient de les calmer, du haut du toit, avec un haut parleur. Les échauffourées ont commencé aussi parmi la foule entre prorusses et proukrainiens, respectivement proches de soldats coincés à l ' intérieur. Ils s ' invectivaient et hurlaient en pleurant. Des fumigènes ont été lancés, calmant l ' assemblée pour un moment. L ' excitation a repris peu après avec l ' arrivée d ' un drapeau russe triomphalement arboré devant l ' immeuble.«Rassia! Rassia!», le même mot tournait en boucle. Et aussi, à l ' adresse des soldats:«Ordures! Salauds! Fascistes! Rentrez chez vous!». A l ' adresse des quelques journalistes présents:«Sales menteurs! La Crimée est à la Russie, allez vous en!»
  • Les forces russes envahissent la base de Belbek en Crimée

    Cette fois, même la base aérienne de Belbek a été envahie par les forces russes en Crimée. Un véhicule a forcé ce samedi l’entrée du site situé près de Sébastopol. Et ce, après l’expiration d’un ultimatum adressé aux militaires ukrainiens qui y étaient retranchés. Selon le commandant de la base, un Ukrainien a été blessé dans cette opération menée par des blindés et des soldats russes armés de fusils automatiques. La base de Belbek était l’une des rares installations militaires de Crimée toujours contrôlées par l’Ukraine après le rattachement de la péninsule à la Russie. Dans la matinée, le site internet de cette base faisait état d’un ultimatum des forces russes demandant aux soldats ukrainiens de déposer les armes et de se rendre. ۲۰۰ hommes sans armes ont également envahi ce samedi la base aérienne de Novofedorivka dans l’ouest de la péninsule. Ces derniers jours, les forces russes et pro - russes ont pris le contrôle de plusieurs bases, navires et d’un sous - marin ukrainiens en Crimée. Avec AFP et Reuters
Des militaires russes ont fini par pénétrer dans l'immeuble puis convaincu la foule en furie de sortircalmement de la base. Tout le monde a obéi, soudain étrangement docile, dans un même mouvement moutonnier. Le groupe s'est posté à l'entrée, devant le portail ouvert. Un ancien militaire russe en civil, ayant visiblement autorité sur les villageois, leur a intimé l'ordre de ne pasdire un mot, de ne proférer aucune insulte. Sur ce, les militaires ukrainiens, quelques dizaines, sont sortis à pied par petits groupes. La foule observait un silence contraint. Certains, ne peuvant cacherleur joie, ont applaudi. Quelques heures plus tard, c'est la base aérienne de Belbek, près de Sébastopol, qui était prise d'assaut. Pas par une foule de civils mais par des blindés russes qui ont défoncé le portail, alors que les soldats ukrainiens avaient refusé de se plier à l'ultimatum qui leur avait été lancé une heure plus tôt. A la suite des blindés, des troupes d'élite russes équipées de casques et d'armes automatiques sont entrées, tirant des coups de feu en l'air. Une ambulance a été vue. Selon la BBC, au moins un militaire a été blessé. Comme le matin à Novofedorivka, les soldats ukrainiens ont fini par quitterleur base à pied, devant une foule de badauds contrainte au silence par divers agents prorusses. D'après les uniformes : civils en costume, miliciens cagoulés, militaires russes. Le colonel Iouly Mamtchour, commandant de la base, a été arrêté et emmené.